
Au-delà des nouveaux projets de production, la qualité du service de distribution d’eau et d’électricité dépend aussi d’un défi plus discret, mais décisif : la remise à niveau des réseaux de distribution, encore marqués par la vétusté, la saturation et les pertes.
L’eau et l’électricité restent au cœur des priorités du gouvernement. Hier, la Jirama a lancé des travaux d’entretien sur le réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). Ces interventions, menées jusqu’à Antsirabe par les équipes techniques de la société nationale, ont entraîné des perturbations dans la fourniture d’électricité à Antsirabe et dans plusieurs localités environnantes. Pour les usagers, ces coupures restent contraignantes. Pour l’opérateur, elles traduisent cependant une nécessité : intervenir sur un réseau sollicité au-delà de ses capacités, afin de limiter les incidents et de sécuriser progressivement l’approvisionnement. Cette opération intervient dans un contexte où les besoins de la population demeurent élevés, aussi bien en électricité qu’en eau potable. La Jirama fait face à une équation difficile : accroître la production tout en réduisant les pertes techniques et commerciales. Le Pacte énergétique national indique que les pertes de la Jirama sont estimées autour de 30%, dont une partie liée aux pertes techniques, et une autre aux pertes commerciales et aux vols, ce qui pèse lourdement sur la viabilité financière de l’entreprise.
Solutions en cours
Sur le volet eau, une avancée importante a été enregistrée le 15 mai dernier à Mandroseza, dans le cadre de la célébration des 50 ans de la Jirama. Le président de la Refondation, le colonel Mickaël Randrianirina, y a inauguré une nouvelle unité compacte de traitement. Cette infrastructure stratégique, réalisée dans le cadre du PAAEP financé par la Banque mondiale, doit renforcer l’approvisionnement en eau potable d’Antananarivo et de ses environs. La nouvelle unité de Mandroseza apporte une capacité initiale de 22 000 m³ par jour, tandis que le renforcement de Mandroseza II ajoute 20 000 m³ supplémentaires, soit 42 000 m³ par jour au total. Ces investissements confirment la volonté de l’État de répondre aux besoins essentiels de la population. Mais le défi reste entier : produire davantage ne suffira pas si l’eau et l’électricité se perdent dans des réseaux fragilisés. La modernisation de la Jirama devra donc se jouer sur deux fronts : de nouvelles capacités et un réseau plus fiable, mieux entretenu et mieux contrôlé.
Antsa R.




