Le ton est déjà donné avant même l’ouverture des travaux. Le conclave du FFKM débute ce jour au domaine Fofikri, à Ankadikely Ilafy, pour trois jours de réflexions qui s’annoncent hautement sensibles. Derrière les discussions internes sur le statut et la nature même du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar, c’est surtout la situation nationale qui cristallise l’attention de l’opinion publique. Car le rendez-vous intervient dans un climat de critiques ouvertes contre le pouvoir actuel.
Ces dernières semaines, plusieurs Églises membres influentes du FFKM ont multiplié les sorties publiques pour dénoncer les dérives observées dans la gouvernance du pays. Corruption persistante, insécurité grandissante, favoritisme et perte de repères institutionnels : les principaux sujets de préoccupation ont été clairement mis sur la table tout récemment par les dirigeants catholiques. Les évêques catholiques ont particulièrement marqué les esprits avec une déclaration au ton sévère. Sans détour, ils ont averti que la « refondation » risque de se transformer en simple illusion si les pratiques actuelles continuent. Un message lourd de sens dans un contexte politique déjà tendu.
Avant eux, le FJKM avait également pris position en mars dernier sur la vie nationale. Plus mesurée dans la forme, l’Église réformée n’en a pas moins dénoncé la corruption qui continue de miner le pays. Comme les catholiques, elle a insisté sur l’urgence d’ouvrir de véritables concertations nationales pour sortir des blocages actuels.
Ces prises de position successives traduisent un constat amer de la situation sociopolitique actuelle de la part des principales composantes du FFKM. Et c’est précisément dans cette atmosphère de défiance et d’inquiétude que s’ouvre le conclave d’Ankadikely Ilafy.
Au cœur des échanges figure désormais la question des concertations nationales. Le FFKM devrait revenir en force sur ce dossier, alors que le lancement officiel du processus, initialement prévu pour le 20 mai, a finalement été repoussé au 3 juin prochain.
Depuis plusieurs décennies, le FFKM reste un acteur des grandes crises nationales, même si, dans la plupart des cas, ses initiatives ont été vouées à l’échec. Chaque prise de parole du conseil œcuménique est donc scrutée avec attention, tant son influence demeure importante dans le débat public.
Rija R


