
Le secteur agricole constitue l’un des domaines clés de la coopération entre Madagascar et la Chine.
Cette coopération bilatérale sera renforcée par la signature d’un protocole d’accord phytosanitaire pour l’exportation d’arachides de la Grande île vers ce pays partenaire. « Cet accord bilatéral marque une reconnaissance internationale de la qualité de la production agricole et des services phytosanitaires malgaches, tout en permettant aux producteurs, collecteurs et entreprises exportatrices d’accéder directement au plus vaste marché de consommation du monde », a déclaré le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Gaëtan Ramindo, lors de la signature de ce protocole d’accord, hier, au ministère des Affaires étrangères. Pour sa part, « l’État malgache s’engage à renforcer le contrôle de la traçabilité de l’arachide depuis le site de production jusqu’à la destination finale de ce produit de rente. Cela inclut la surveillance des champs et les tests d’aflatoxines conformes à la norme nationale chinoise GB 2761, sous la supervision de la direction de la Protection des végétaux », a-t-il poursuivi.
Traçabilité totale
Garantir des arachides décortiquées exemptes d’organismes nuisibles de quarantaine qui préoccupent la Chine, tout en alignant les processus de production, de transformation et de stockage sur les normes internationales en matière de mesures phytosanitaires, constitue également l’un des autres engagements de la partie malgache. La mise en œuvre systématique de traitements de fumigation, de criblage et de tri manuel n’est pas en reste. « Ce cadre de confiance mutuelle assure une traçabilité totale, de la parcelle agricole jusqu’au consommateur final, validée par un certificat phytosanitaire. Il s’agit également d’un fruit de collaboration entre les techniciens malgaches et leurs homologues chinois », a enchaîné le ministre de tutelle. Pour sa part, l’ambassadeur de la République populaire de Chine à Madagascar, SEM Ji Ping, a annoncé que le secteur agricole constitue depuis toujours l’un des domaines clés de la coopération entre les deux pays. « La filière arachide, en tant qu’importante culture de rente et produit d’exportation phare de Madagascar, joue un rôle essentiel dans la promotion de l’emploi rural, dans l’amélioration des revenus des paysans et dans l’expansion de ses exportations agricoles vers la Chine. L’an dernier, 35 700 tonnes d’arachides ont été expédiées en Chine. La valeur de ces exportations est de l’ordre de 15,05 millions de dollars », a-t-il évoqué.
Nouveaux débouchés
Et lui de préciser que la signature de ce protocole d’accord offrira un cadre institutionnel plus stable et favorable à l’entrée des produits agricoles malgaches sur le marché chinois, tout en renforçant la compétitivité de l’arachide au niveau international. Il est à noter que les deux parties prévoient ensuite d’étendre le nombre de produits agricoles à exporter vers la Chine. On peut citer, entre autres, les grains secs, les épices et d’autres produits de rente destinés à l’export, tels que le cacao. « La transformation du secteur agricole constitue l’une des priorités de l’État, tout en explorant de nouveaux débouchés, surtout sur le marché international, afin d’augmenter les revenus des producteurs et d’améliorer la balance commerciale entre Madagascar et la Chine, ainsi que d’attirer des investisseurs », tient à préciser le ministre de tutelle, Ramindo Gaëtan. En revenant sur la filière arachide, il a avancé que la production de la Grande île est estimée entre 60 000 tonnes et 70 000 tonnes chaque année. « Près de la moitié de cette production est exportée dans différents pays, dont la Thaïlande, le Vietnam et l’Europe. La Chine importe de l’arachide de Madagascar via d’autres pays. Mais, suite à la signature de ce protocole d’accord, on peut exporter directement vers la Chine, ce qui va réduire le coût de revient tout en améliorant les prix aux producteurs. Un contrôle strict sur l’application des prix de ce produit de rente sera d’ailleurs renforcé sur tous les maillons de cette chaîne de valeur », a-t-il soulevé. En effet, les paysans dans la région de Menabe, qui constitue la zone à forte potentialité de production d’arachide, se plaignent actuellement de la baisse des prix de l’arachide, ne permettant même pas de couvrir leur coût de production.
Navalona R.




