Le paysage statistique malgache s’apprête à vivre un tournant majeur. L’atelier préparatoire à la mise en œuvre de l’Enquête nationale sur l’emploi et le secteur informel (ENESI 2026) se tient ce jour à Anosy. Prévue pour durer quatre jours, du 19 au 22 mai 2026, cette rencontre technique pose les jalons d’une refonte globale des outils de mesure de l’emploi, du chômage et de la vaste économie informelle de la Grande Île. Portée par l’Institut national de la statistique (INSTAT), avec le soutien stratégique de l’Organisation internationale du travail (OIT), cette initiative vise à arrimer Madagascar aux standards internationaux les plus récents en matière de statistiques du travail.
Enquête
La dernière Enquête sur la main-d’œuvre (EMO) à Madagascar remonte à la période 2021-2022, intégrée à l’époque comme un module de l’Enquête permanente auprès des ménages (EPM). L’enjeu de l’ENESI est crucial : pour élaborer des politiques publiques efficaces de création d’emplois, de formation professionnelle et de réduction de la pauvreté, l’État a besoin de données scientifiques fiables, réalistes et, surtout, comparables au niveau mondial. L’architecture de la future ENESI 2026 reposera sur une approche méthodique, déclinée en deux grandes étapes. La phase 1 porte sur l’Enquête emploi (ménages), ou LFS, qui consiste à classifier rigoureusement la population (actifs, chômeurs, personnes hors du marché du travail) selon les nouvelles définitions. La phase 2 concerne l’Enquête secteur informel (UPI), qui ciblera directement les dirigeants de ces UPI afin d’estimer leur production, leur valeur ajoutée, d’analyser leurs conditions de travail ainsi que les barrières qui freinent leur transition vers la formalisation.
Narindra Rakotobe



