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lundi, septembre 14, 2026
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Insécurité à Toamasina : Le phénomène prend de l’ampleur

L’insécurité à Toamasina est aggravée par des vulnérabilités préexistantes telles que la pauvreté urbaine, l’urbanisation informelle et la forte dépendance économique au port.

Une crise sécuritaire sévit à Toamasina. Le phénomène constitue un frein majeur, social et économique, au relèvement d’une ville en pleine phase de redressement après le passage du cyclone Gezani.

« On a tout le temps peur de se faire voler ou, pire, de se faire poignarder ou taillader par quelqu’un en rentrant le soir. » Témoignage d’une mère de famille de la capitale économique de Madagascar quant au niveau d’insécurité qui y règne depuis quelques mois. D’après les explications de la population, le phénomène se serait aggravé après le passage du cyclone Gezani. « Les gens ont tout perdu cette nuit-là et certains ont opté pour le vol, dans la majeure partie des cas avec violence et agression, ou encore le braquage, pour survivre », nous a confié Karen, une autre mère de famille du quartier Cité Hara. En effet, il ne se passe pas une journée sans que l’on ne déplore un acte de pillage opportuniste, des vols (avec ou sans agression) de biens essentiels, ou des attaques à main armée. Une victime, Boto (nom d’emprunt), un père de famille, en témoigne sur son lit d’hôpital : « J’étais en route pour le travail lorsque deux individus m’ont demandé de leur donner le sac dans lequel j’avais mis mon déjeuner. De longs couteaux à la main, ils m’ont forcé à m’agenouiller et à tout leur donner. Mon erreur a été de ne pas leur obéir directement. L’un des individus m’a attaqué avec son couteau : il a voulu m’égorger. J’ai pu me protéger avec une main et ce sont mes doigts qui en ont pâti. »

Systémique

Le phénomène s’expliquerait par un enchaînement de facteurs structurels déclenchés par la catastrophe naturelle survenue il y a trois mois. Les chocs générés par le cyclone ont provoqué des pénuries importantes de nourriture et de biens de première nécessité, ce qui a poussé une grande partie de la population vers des stratégies de survie, dont le vol et le pillage. À cela s’est ajouté un vide institutionnel et sécuritaire né de la désorganisation des structures administratives et communautaires qui jouaient le rôle de régulateur de la vie sociale. L’insécurité qui règne à Toamasina serait davantage une « crise systémique post-catastrophe » qu’une hausse de la criminalité dans une ville aux vulnérabilités chroniques, où facteurs économiques, sociaux et institutionnels interagissent dans un contexte de redressement lent.

José Belalahy

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