
Dans le secteur de l’éducation, des financements importants sont restés bloqués par les lenteurs d’exécution des projets. Avec la Refondation, l’État veut changer de rythme et mobiliser les crédits non consommés pour des réalisations à fort impact.
Le Fonds Commun de l’Éducation (FCE) aborde une étape déterminante. Après une première phase freinée par plusieurs lenteurs d’exécution, les acteurs publics et les partenaires techniques et financiers veulent désormais accélérer l’utilisation des ressources disponibles afin de transformer les financements en réalisations visibles dans les écoles. L’analyse de la phase 1 du FCE, couvrant la période 2021-2024, fait ressortir un reliquat de crédits estimé à près de 25 milliards d’ariary. En cause : des difficultés récurrentes dans l’exécution des marchés publics, liées notamment à une appropriation encore insuffisante des procédures de passation, à des capacités techniques limitées et à des faiblesses dans la planification opérationnelle. Ces contraintes ont entraîné des retards, des échanges répétés avec les partenaires financiers et un niveau d’absorption budgétaire inférieur aux prévisions. Elles concernent pourtant des projets essentiels pour le système éducatif, dont la construction et la réhabilitation d’infrastructures scolaires, l’acquisition de matériels informatiques, de kits solaires, de mobilier et d’équipements destinés aux établissements. Pour mieux faire connaître le FCE, un atelier a été organisé hier au Plan Anosy par l’ARMP (Autorité de régulation des marchés publics) afin d’informer les prestataires et fournisseurs du secteur privé sur les opportunités de marchés dans le cadre du FCE.
Projets à impacts
Pour l’exercice 2026, les trois ministères sectoriels concernés, ainsi que le ministère de l’Économie et des Finances, vont programmer l’utilisation de ce reliquat, selon les explications. Les activités prévues passeront majoritairement par les marchés publics, à hauteur d’environ 95%. L’enjeu, selon l’ARMP, est de lancer, attribuer et exécuter les marchés dans les délais, avant l’échéance de décembre 2026, tout en veillant aux impacts attendus sur le terrain. Dans cette dynamique, l’ARMP jouera un rôle d’accompagnement stratégique. Son appui portera sur une meilleure coordination avec les partenaires techniques et financiers, l’organisation d’échanges avec les opérateurs économiques, la promotion d’une concurrence effective et une diffusion plus large des informations sur les marchés. Il concernera également la planification des procédures, la définition de critères d’évaluation transparents et non discriminatoires, ainsi que le renforcement des capacités des acteurs chargés de l’analyse des offres. Au-delà de l’urgence d’absorber les financements disponibles, cette démarche pose les bases d’une réforme plus durable : renforcer les compétences, harmoniser les pratiques et faire de la commande publique un levier plus efficace au service de l’éducation, de la transparence et du développement local.
Antsa R.




