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samedi, septembre 26, 2026
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Chistophe Billon – directeur de l’Alliance française d’Antsiranana : « Nous sommes aujourd’hui dans une dynamique culturelle… »

Avec un Master 2 en finance, il a consacré une grande partie de sa carrière professionnelle au secteur bancaire, où il a exercé des fonctions de gestion dans des contextes multiculturels. Cette expérience lui a permis de développer de solides compétences en gestion, organisation et direction d’équipes. Dans le but de réorienter sa carrière, il a choisi de se reconvertir dans le domaine de la pédagogie en obtenant un certificat d’enseignement du français langue étrangère et une licence en ingénierie pédagogique. Il a également exprimé son engagement en effectuant une mission de bénévolat en tant qu’enseignant à Antalaha, pour l’ONG Planète Urgence. Cette progression l’a mené à occuper actuellement le poste de directeur de l’Alliance française d’Antsiranana. Les journalistes locaux ont eu l’opportunité de l’interviewer…

Midi Madagasikara : Qu’est-ce qui vous a personnellement attiré vers le monde de la diplomatie culturelle ?

Chistophe Billon : Ce qui m’attire dans la diplomatie culturelle, c’est sa capacité à créer du lien entre les peuples à travers la langue, l’éducation et la culture. J’y retrouve des valeurs qui me sont chères : le dialogue interculturel, la transmission et l’ouverture aux autres.

M.M : Comment l’Alliance française d’Antsiranana adapte-t-elle ses missions globales aux réalités locales malgaches ?

C.B : L’Alliance française d’Antsiranana adapte ses missions aux réalités locales grâce à une équipe pédagogique, culturelle et administrative composée à 100% de collaborateurs malgaches, qui connaissent parfaitement les attentes, les habitudes et les réalités quotidiennes du territoire. Cette proximité nous permet de mettre en place une politique adaptée, en développant des actions concrètes et accessibles pour tous les publics. Nous accordons également une grande importance aux activités hors les murs, afin d’aller à la rencontre des habitants, des écoles, des quartiers et des communes partenaires, pour rendre la culture et la langue française accessibles au plus grand nombre.

M.M : Quelle place accordez-vous aux cultures malgaches dans votre programmation ?

C.B : Les cultures malgaches occupent une place centrale dans notre programmation culturelle à l’Alliance française d’Antsiranana. Plus de 80 % de nos événements sont réalisés avec des artistes malgaches, qu’il s’agisse de musique, de danse, de théâtre, d’arts visuels ou de littérature. Notre volonté est de valoriser les talents locaux, de soutenir la création artistique régionale et de favoriser les échanges entre cultures malgaches et francophones.

M.M : Comment travaillez-vous avec les artistes et créateurs locaux ?

C.B : Nous travaillons en proximité avec les artistes et créateurs locaux grâce à une équipe culturelle qui rencontre régulièrement les talents déjà reconnus ainsi que de nouveaux artistes émergents. Nous organisons également des dispositifs d’accompagnement, comme des master class, des concours et des tremplins musicaux, afin de soutenir la création, de révéler de nouveaux talents et d’offrir des opportunités de diffusion et de professionnalisation.

M.M : Existe-t-il une véritable co-construction culturelle ou reste-t-on dans une diffusion descendante ?

C.B : Au contraire, notre approche repose davantage sur une construction ascendante que sur une diffusion descendante. Je m’appuie beaucoup sur les équipes culturelles et de communication de l’Alliance française d’Antsiranana, qui connaissent très bien les attentes, les envies et les centres d’intérêt de nos adhérents et du public local. Cette écoute du terrain nous permet de construire une programmation plus pertinente, participative et en phase avec les réalités culturelles du territoire.

M.M : Quelle place occupe la jeunesse dans vos projets ?

C.B : La jeunesse occupe une place essentielle dans les projets de l’Alliance française d’Antsiranana. Plus de la moitié de nos événements culturels s’adressent directement aux jeunes publics, et ils sont au cœur de 100% de nos activités. Leur place est donc immense, car nous considérons la jeunesse comme un moteur de créativité, d’échanges et de développement culturel pour le territoire… d’avenir pour notre Alliance.

M.M : Le français est-il toujours une langue d’opportunité à Madagascar aujourd’hui ?

C.B : Oui, je pense que le français reste aujourd’hui une véritable langue d’opportunité à Madagascar. La maîtrise du français constitue un atout important dans un parcours professionnel et elle est même indispensable dans certains secteurs d’activité, notamment dans l’éducation, le tourisme, l’administration, les ONG ou les métiers liés à l’international.

M.M : Comment rivaliser avec la montée de l’anglais dans les aspirations des jeunes ?

C.B : Je ne pense pas que le français et l’anglais soient incompatibles, bien au contraire. Beaucoup de jeunes découvrent déjà l’anglais à travers la musique, les réseaux sociaux ou les contenus numériques, tandis que le français reste très important dans les études et le monde professionnel à Madagascar. À l’Alliance française d’Antsiranana, nous devons surtout accompagner cette ouverture linguistique et culturelle ; il n’est d’ailleurs pas exclu qu’un jour nous proposions aussi des cours d’anglais, même sans certification officielle.

Propos recueillis par Iss Heridiny

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