Le groupe folk Tsiakoraka fera un comeback demain, en se produisant au CCESCA. L’un des titres phares de ce groupe a été au cœur de plusieurs anecdotes extra-artistiques, dont notamment celle d’avoir été repris, à un moment, par un ex-numéro un du pays lors d’un meeting politique.
« Namana »
Cette chanson, intitulée « Namana », dont les paroles et le passage du sifflement bien connus du public, met en avant l’importance de la véritable amitié : l’ami, élevé au rang de frère, ce frère que l’on n’a jamais eu, « solon-drahalahy tsy mba nananana », pour reprendre une partie des paroles. Dans la bouche du politicien, à cette époque, le refrain de la chanson « Namana » se voulait un message adressé à sa famille politique et à ses partisans, prônant l’amitié, synonyme de confiance, de fidélité et de soutien mutuel. Mais on ne le sait que trop bien : la véritable amitié, dans son sens le plus absolu, incluant la notion d’affection, de fidélité, d’honnêteté et de réciprocité, ne se manifeste que rarement dans la grande sphère politique, davantage encore lorsqu’il s’agit d’une politique à géométrie variable, comme l’avait si bien exprimé un autre grand politicien, bien connu à l’époque, peut-être un peu moins de la génération actuelle. Car en politique, à quelques exceptions près, les intérêts l’emportent sur l’amitié. C’est bien connu : « la politique change les gens », et « l’ami de trente ans » n’est pas toujours à l’abri d’une fourberie qui ne dit pas son nom, car sacrifié sur l’autel de ce qui pourrait être présenté comme « l’intérêt général ».
Demain soir, Tsiakoraka ne manquera sûrement pas de reprendre cette chanson, « Namana », écrite en 1987 par Setra, ancien leader du groupe, disparu trop tôt. Ce tube d’antan, qui a su résister à l’épreuve du temps, les amis de Setra ont su l’entretenir, avec le public du groupe qui, lui, est resté fidèle ! En amitié, la vraie, le temps comme l’espace n’ont pas d’emprise sur les liens. Une notion pas toujours transposable sur l’échiquier politique, malheureusement, à moins d’être prêt à y laisser des plumes…
Hanitra R.


