
Samedi 23 mai dernier, le CCESCA Antanimena a été le théâtre d’un moment chargé d’émotion et de nostalgie : le retour sur scène du groupe Tsiakoraka pour célébrer ses quarante années de carrière. Pionniers dans l’introduction du country à Madagascar, qu’ils ont su marier au folk et au blues, ces musiciens hors pair ont offert au public un voyage dans le temps, revisitant les chansons qui ont façonné leur identité artistique.
Le spectacle a permis de redonner vie à des titres rarement entendus, comme Freedom, mais aussi à ceux qui ont fait la renommée du groupe, tels que Tamboho, Namana, Peratra, Te ahita anao ou Miantso anao. Environ trente-cinq morceaux ont été interprétés, dans une ambiance où chaque note semblait réveiller des souvenirs profondément ancrés.
Une séquence particulièrement émouvante a été consacrée à la mémoire des fondateurs disparus, Setra et Doda, rappelant que l’histoire de Tsiakoraka est aussi celle d’une fraternité musicale marquée par des pertes et des renaissances. L’histoire du groupe, marquée par des départs, des disparitions et l’arrivée de nouveaux membres, reste portée par un noyau fidèle composé de Fidy, Guerd et Liva, rejoints au fil du temps par Rolly, Nirina et Fenitra, unique voix féminine du collectif.
Guerd, bassiste du groupe, confie par ailleurs que l’objectif est de « faire vivre les chansons de Tsiakoraka », en intégrant de jeunes musiciens qui apportent une nouvelle couleur à l’ensemble.
Le spectacle a également été dynamisé par la prestation du groupe Levelo, invité spécial, dont les dix chansons ont littéralement enflammé le public. Les spectateurs, portés par l’énergie de Lolona et de Mialy Levelo, ont refusé de les laisser quitter la scène, créant une atmosphère de communion rare.
Même si la salle n’était pas pleine, ceux qui étaient présents partageaient tous le même désir de revivre la nostalgie des années passées. Les refrains étaient repris en chœur, preuve que les chansons de Tsiakoraka continuent de traverser les générations.
Ce concert a en tout cas confirmé que Tsiakoraka n’est pas seulement un souvenir des années 80 et 90, mais un patrimoine vivant qui continue de vibrer et de se réinventer. Après les 4 heures de communion et de nostalgie, le public est reparti avec le sentiment d’avoir assisté à une renaissance culturelle, et la soif de revivre encore cette ambiance du bon vieux temps.
Hanitra Andria




