
C’est un règlement de comptes interne qui a finalement causé la perte d’un réseau criminel de grande envergure. Habitués à contourner les contrôles douaniers pour exporter illicitement les richesses de la Grande Île, les trafiquants ont vu leur mécanique s’enrayer. Une opération conjointe entre les gendarmeries d’Ivato et de Nosy Be a permis de mettre fin à leurs agissements.
Disparition suspecte
L’affaire a débuté par une alerte concernant la disparition suspecte d’un membre du personnel aéroportuaire. En remontant la piste de cette absence inquiétante, les limiers de la gendarmerie ne se doutaient pas qu’ils allaient mettre au jour l’un des plus vastes réseaux de trafic d’or du moment. Les forces de l’ordre ont fini par découvrir le lieu de séquestration de la victime, affaiblie par les coups et la faim. À bout de forces, l’homme a fini par passer aux aveux. Ses révélations ont permis de traquer ses bourreaux et de faire s’écrouler le réseau comme un château de cartes. Sentant le vent tourner, les cerveaux de l’organisation ont tenté de s’enfuir par les airs vers Nosy Be. Mais grâce à une coopération immédiate entre les compagnies de gendarmerie d’Ivato et de l’île aux Parfums, les fugitifs ont été rapidement débusqués dans leur cachette.
Une mécanique bien huilée
Face au renforcement des contrôles, la stratégie des trafiquants consistait à recruter des « maillons faibles » parmi le personnel de l’aéroport. De là, le protocole de contrebande était minutieusement orchestré, depuis la remise de la précieuse cargaison à des complices et le transit sécurisé à l’intérieur de l’enceinte, jusqu’aux passeurs finaux. Le tout était facilité par des membres des forces de l’ordre corrompus qui surveillaient le bon déroulement du processus. Selon la gendarmerie, ces trafiquants de haut vol avaient déjà réussi trois coups. Le quatrième a tourné court, suite à un parfum d’insatisfaction et de paranoïa au sein de la bande. Paniqué, un passeur a hésité, empêchant la cargaison d’atteindre la zone d’embarquement. La marchandise a été cachée en urgence, mais 8 des 17 lingots prévus ont mystérieusement disparu. Furieux, les chefs du réseau ont suspecté leurs propres complices. Ils ont alors kidnappé et séquestré l’employé de l’aéroport, lui infligeant des violences pour le faire avouer. C’est précisément cet acte de barbarie qui a conduit à leur perte.
Au total, 14 personnes ont été arrêtées. Ce réseau tentaculaire comprenait les têtes pensantes, les « boss », des transporteurs, des employés aéroportuaires et trois membres des forces de l’ordre. Outre les arrestations, quatre véhicules tout-terrain (4×4) ont été saisis par le Pôle anti-corruption (PAC). À l’issue du déferrement au parquet, 10 des 14 suspects ont été placés sous mandat de dépôt à la maison de force de Tsiafahy, tandis que les quatre autres ont été envoyés à Antanimora.
m.L




