
De nature simple et discrète, le commandant de bord Ndriana Andriamboavonjy n’est pas très connu du public. Et pourtant, c’est une figure emblématique de l’histoire de l’aviation civile malgache et l’un des pionniers ayant contribué à l’essor du transport aérien national.
Air Madagascar a tenu à rendre hommage à ce pionnier, lors d’une cérémonie de reconnaissance qui s’est tenue au centre de loisir (CDL) à Mandrosoa Ivato, en présence du directeur général de la compagnie, Rado Rabarilala.
Parcours exemplaire
Une manière, pour la compagnie aérienne nationale, de réaffirmer son attachement à la valorisation des femmes et des hommes qui ont marqué son histoire par leur engagement, leur professionnalisme et leur fidélité au pays. Le parcours exemplaire du commandant Ndriana Andriamboavonjy force, en effet, le respect. Passionné d’aviation dès son plus jeune âge, il s’engage volontairement au sein de l’Escadrille de liaison et d’observation durant les années 1955-1956, effectuant ses premières heures de vol à travers l’Afrique du Nord. Dans un contexte où les opportunités restaient extrêmement limitées pour les jeunes Malgaches, il parvient à intégrer l’Armée de l’air française en qualité de pilote, accomplissement remarquable pour son époque. En 1964, seulement deux ans après la création d’Air Madagascar, il rejoint la compagnie nationale et participe activement à son développement, à une période charnière de l’histoire du pays. Tout au long de ses trente années de carrière, il pilote plusieurs appareils emblématiques de l’aviation civile, du DC-3 au Boeing 747. Le commandant Ndriana Andriamboavonjy devient ainsi l’un des tout premiers pilotes malgaches à commander le mythique Boeing 747, à une époque où les cockpits des compagnies aériennes africaines étaient encore largement dominés par des équipages étrangers.
Identité malgache
Ses collègues et les générations qui l’ont côtoyé retiennent également l’image d’un homme élégant, humble et profondément attaché à son identité malgache. D’ailleurs, hier, lors de la cérémonie de reconnaissance, le commandant Ndriana Andriamboavonjy, âgé maintenant de 93 ans, était vêtu de sa tenue préférée : une veste traditionnelle « malabary », qu’il aimait porter avec les fameux kiranyls du temps où il exerçait, ainsi que de simples sandales. Malgré des perspectives de carrière à l’international, il choisit de consacrer sa vie professionnelle à Air Madagascar et à la transmission de son expérience aux jeunes pilotes du pays. La cérémonie de reconnaissance, honorée de sa présence par le ministre Gascar Fenosoa, a été l’occasion pour le directeur général Rado Rabarilala de rappeler que les grandes compagnies se construisent grâce aux femmes et aux hommes qui les font vivre. « Reconnaître leur engagement et leur transmission est essentiel pour faire vivre notre histoire et inspirer les générations futures », a-t-il déclaré. Une manière, en tout cas, pour la compagnie aérienne nationale, d’adopter une démarche plus large visant à renforcer la culture de reconnaissance et à valoriser les métiers de l’aérien.
Elle rappelle également l’importance des pionniers souvent restés dans l’ombre, mais dont le parcours a contribué à bâtir l’histoire du transport aérien à Madagascar.
R.Edmond.




