
Depuis près de trois décennies, le basket-ball dans la région DIANA peine à retrouver son lustre d’antan. Jadis discipline phare du Nord, ce sport dégringole, étouffé par les micmacs administratifs et les querelles de dirigeants. Résultat : la balle orange perd son éclat et les passionnés désertent peu à peu les gradins comme les parquets.
Le dernier championnat régional en est une illustration frappante. Prévue débuter le jeudi 21 mai, la compétition a finalement été reportée au week-end, les arbitres n’ayant toujours pas perçu leurs indemnités. Un mauvais signal pour une discipline déjà fragilisée. Comme si cela ne suffisait pas, Mme Fredette, entraîneure réputée de la ville de Varatraza et cofondatrice du Dynamite Club d’Antsiranana (DCA), est sortie de son silence lors d’un point de presse organisé à son domicile le mardi 26 mai. Une prise de parole rare de la part de cette technicienne respectée dans le milieu sportif du Nord. Selon elle, les règlements ne sont plus respectés. « On nous oblige à renouveler les licences des joueurs alors que la Fédération malgache de basket-ball nous a confirmé par écrit qu’elles sont valables durant quatre ans. Malgré cela, certaines personnes exigent encore des paiements supplémentaires », a-t-elle dénoncé.
Madame pointe également du doigt des anomalies financières. « On nous réclame 2 000 ariary par licence, alors que le tarif officiel est de 800 ariary pour les U14 et 1 000 ariary pour les U16. Certaines équipes n’ont même pas régularisé leurs dossiers, mais elles ont tout de même participé à la compétition. En plus, les clubs doivent payer les droits d’engagement ainsi que les indemnités d’arbitrage. Les charges deviennent insupportables », a-t-elle poursuivi. Pour l’entraîneure, ces dérives pénalisent lourdement le basket-ball Tavaratra. Le malaise ne s’arrête pas là. La compétition a également été marquée par une bagarre entre joueurs, preuve que le fair-play quitte les terrains. Les règlements sont bafoués, l’intimidation gagne du terrain et l’ego prend le dessus sur l’esprit sportif, bien entendu, la discipline s’enlise dans une atmosphère délétère.
Au fil des années, une partie immergée de l’iceberg apparaît désormais au grand jour. La corruption ronge progressivement la ligue régionale de basket-ball de DIANA. Une institution autrefois respectée, véritable vivier d’athlètes talentueux, semble dorénavant perdre son âme. Au lieu de miser sur la performance et l’excellence, les dignitaires privilégieraient des pratiques qui ternissent l’image. Rien d’étonnant alors si de nombreux jeunes tournent le dos au gymnase couvert d’Antsiranana. Ce temple du basket se vide peu à peu. Contrairement aux idées reçues, les jeunes ne sont pas uniquement happés par les écrans. Beaucoup sont découragés par les réalités. Les anciens leur soufflent que le chemin vers la réussite sportive est semé d’embûches…
En définitive, le cri d’alarme lancé par Mme Fredette n’est donc pas anodin. Connue pour sa discrétion et son efficacité, cette professeure d’éducation physique, qui a formé plusieurs générations d’athlètes dans des établissements prestigieux de la ville du pain de sucre, a longtemps choisi le silence. Elle répondait davantage par des résultats que par des polémiques. Mais cette fois, la coupe amère semble avoir débordé.
Iss Heridiny




