
La fête des mères a été célébrée le dimanche 31 mai. Maman mérite un gâteau, bien plus qu’un simple gâteau à la crème, car elle est la crème de la crème. Pendant neuf mois, elle a porté dans ses entrailles les caprices de son enfant. Elle a supporté les douleurs, les inquiétudes, les nuits sans sommeil. Puis, elle devient cette amie pour la vie, ce refuge où l’on revient même après les tempêtes. Elle vieillit si vite qu’on a parfois l’impression de ne pas avoir eu le temps de lui dire assez souvent : « Merci… je t’aime, maman. »
Les femmes cadres
Les dossiers s’éparpillent dans le bureau. La pression du travail étouffe. Les responsabilités s’enchaînent. Puis vient le retour à la maison. À peine la porte franchie, les jouets traînent partout. Fatiguée, elle risque même de glisser avant d’atteindre le salon. Derrière les costumes bien repassés se cachent la fatigue, la solitude et parfois même la dépression. Au-delà du sourire professionnel vit une femme qui rêve simplement de passer plus de temps avec son époux et ses enfants… Les chemises cartonnées continuent de s’empiler sur la table.
Les politiciennes
Quand elles étaient petites, elles rêvaient de devenir comme Margaret Thatcher, Angela Merkel, Ellen Johnson Sirleaf, Condoleezza Rice ou encore Gisèle Rabesahala. Elles voulaient hisser haut le drapeau malgache. Une fois le poste occupé, elles découvrent la lourdeur de la fonction. La barre est difficile à maintenir. Il faut affronter l’adversité, les fausses sœurs, les opportunistes, les critiques… sans oublier l’inquiétude du conjoint et les cris des enfants : « Maman, quand est-ce que tu auras du temps pour nous ? » Entre « la nation avant tout » et « ma famille d’abord », le cœur d’une mère hésite souvent.
Les institutrices
« La mère de tout le monde », voilà le surnom qu’on leur attribue. Entre les activités pédagogiques et le rice-cooker, elles n’ont jamais confondu la craie blanche réduite en poudre avec le lait en poudre. Elles élèvent leurs propres marmailles tout en éduquant les enfants des autres. Bien que leur métier soit souvent ingrat, leur portefeuille s’aplatit à peine une semaine après la paie. Pourtant, maman continue d’avancer, l’esprit envahi de soucis. « Comment faire réussir les miens tout en aidant ceux des autres ? » Voilà la question qui l’assaille constamment. Le plus douloureux, c’est lorsqu’elle doit faire face aux mauvaises langues dès qu’un de ses enfants dépasse les limites. « Oh… leur mère est institutrice, mais ses enfants sont impolis ! » Ces paroles frappent directement le cœur. Alors, elle se ressaisit, ravale ses blessures et redouble encore d’efforts.
Les mères célibataires
Oui, ce sont des « célibattantes ». Parfois, le maigre salaire les empêche de réaliser les rêves de leurs enfants. Elles se cassent le dos au travail, sacrifiant leur santé pour nourrir leurs petits. Et malgré tous leurs efforts, la société les regarde souvent avec méfiance, comme si elle connaissait leur histoire. La nuit, les larmes coulent silencieusement sur l’oreiller. « Seigneur, que dois-je faire pour satisfaire mes enfants ? », prie-t-elle. Bien sûr qu’elle aimerait acheter de belles parures, des baskets dernier cri ou des vêtements neufs à ses chérubins. Mais le destin en a décidé autrement.
Les femmes au foyer
La maison est propre. Les garde-robes sont bien rangés. Dans la cuisine, ça sent bon la nourriture chaude et l’amour… Elles aussi sont parfois négligées et jugées. « Ne reste pas à la maison, voyons ! On est en 2026 ! », lancent certaines amies en riant. « Tu es une femme soumise », ajoutent d’autres. Mais la réalité est souvent différente. Certaines de ces femmes sont pleinement épanouies. Peut-être que le mari gagne suffisamment sa vie et qu’ensemble ils ont choisi cette organisation : « Moi, je reste à la maison pour offrir une bonne éducation à nos enfants, pendant que toi, tu travailles pour que nous ne manquions de rien. » Rester à la maison n’est pas forcément une soumission. Parfois, c’est aussi une forme de sacrifice et d’amour.
Les vendeuses ambulantes
Sous la pluie ou sous un soleil de plomb, elles sillonnent les quartiers et les rues de la ville. Leur voix est connue de tous. Les trottoirs sont devenus leurs écoles. Elles y ont appris à survivre, à vendre, à gérer. … Elles gèrent tout : les produits non vendus, les clients malhonnêtes, les critiques destructrices et même les gens qui les découragent sous des applaudissements hypocrites. Chaque matin, elles recommencent. Parce qu’une mère ne baisse pas facilement les bras.
Ce ne sont là que quelques aperçus. Des millions de femmes se battent chaque jour pour voir leur famille réussir. Elles sont toutes de bonnes mères, peu importe la manière dont elles élèvent leurs enfants. Elles replient le col froissé des chemises de leurs maris. Elles remarquent toujours, avec tristesse, quand le pantalon de papa devient trop court ou usé. Pendant que celui-ci se plaint des exigences de son employeur, elles supportent les bruits, les odeurs de l’alcool, l’ingratitude et les caprices des enfants. Et malgré tout… elles aiment encore. Maman… c’est la vie.
Iss Heridiny


