Antananarivo se positionne pour capter les retombées des 50 milliards de dollars promis par Pékin à l’Afrique en 2024. Une délégation chinoise de haut niveau est actuellement dans la capitale pour accélérer la concrétisation des projets issus du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). Vendredi 29 mai dernier, la ministre des Affaires étrangères, Alice N’Diaye, a reçu une importante délégation chinoise conduite par Liu Yuxi, ambassadeur chargé des Affaires du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), dans le cadre du suivi des engagements pris lors du sommet de 2024. Les deux parties veulent donner un nouvel élan au partenariat stratégique entre Antananarivo et Pékin et identifier les projets prioritaires susceptibles de bénéficier du vaste programme de financement annoncé par la Chine pour le continent africain.
Lors du FOCAC 2024, le président chinois, Xi Jinping, avait dévoilé une enveloppe de près de 50 milliards de dollars destinée à soutenir le développement des pays africains au cours des prochaines années. Une annonce qui avait suscité de nombreuses attentes à travers le continent, notamment à Madagascar, où les besoins en infrastructures, en énergie et en modernisation économique restent considérables. Au cours d’une séance de travail qualifiée d’« intensive » par le ministère des Affaires étrangères, les deux parties ont passé en revue plusieurs secteurs jugés stratégiques pour le développement de la Grande Île. Les infrastructures et l’énergie figurent en tête des priorités. L’ambition est de moderniser les réseaux existants, d’améliorer la connectivité et de soutenir les grands projets susceptibles de renforcer la compétitivité du pays.
Dans un contexte où les défis liés à l’accès à l’énergie et au désenclavement demeurent majeurs, les financements chinois pourraient constituer un levier important pour accélérer certains chantiers. L’agriculture a également occupé une place centrale dans les discussions. Les deux partenaires souhaitent renforcer la modernisation du secteur, améliorer la productivité agricole et accroître la résilience face aux aléas climatiques, tout en consolidant la sécurité alimentaire du pays. Le domaine de la santé n’a pas été oublié. Les échanges ont porté sur les moyens d’améliorer l’accès des populations à des services de santé de meilleure qualité, un axe qui s’inscrit dans la continuité de la coopération sanitaire déjà existante entre Madagascar et la Chine.
Cette mission chinoise apparaît ainsi comme une étape décisive dans la traduction des engagements du FOCAC en projets concrets, si la partie malgache compte réellement développer sa coopération avec la Chine. L’enjeu est désormais de transformer les opportunités offertes par la nouvelle stratégie africaine de Pékin en investissements tangibles, capables d’accélérer la croissance, de créer des emplois et de soutenir la transformation structurelle de l’économie nationale.
Rija R.


