L’enquête sur le meurtre de la petite Landricia connaît une avancée majeure. Huit personnes ont déjà été arrêtées dans le cadre des investigations portant sur l’assassinat de cette fillette albinos, âgée d’un an et demi, retrouvée morte à Toliara. Parmi les suspects figurent deux « dadarabe », des fonctionnaires, un étudiant universitaire ainsi que plusieurs civils. Deux autres personnes sont toujours activement recherchées par les forces de l’ordre. Face à l’émotion suscitée par cette affaire, le président de la République a demandé que les suspects soient transférés à la prison de Tsiafahy plutôt que maintenus dans l’établissement pénitentiaire de Toliara. Cette décision vise notamment à garantir le bon déroulement de la procédure judiciaire. Le chef de l’État a rappelé que les personnes atteintes d’albinisme sont encore victimes de croyances et de pratiques occultes dans certaines régions. Selon lui, certains individus en quête de pierres précieuses ou de mercure seraient persuadés que le sacrifice d’un enfant albinos peut leur permettre d’accéder à la richesse. D’autres chercheraient à préserver leur fortune ou leur influence à travers de tels actes. Afin de lutter contre ces pratiques, le président a indiqué avoir donné des instructions au ministère de la Sécurité publique ainsi qu’au ministère de la Population pour renforcer leurs actions sur le terrain. Il a particulièrement insisté sur l’importance de mener des campagnes de sensibilisation destinées à démontrer le caractère superstitieux de ces croyances. Il a également invité la population à se mobiliser et à prier pour éradiquer ces pratiques qu’il considère comme néfastes. Par ailleurs, il a exhorté les enquêteurs et les magistrats à mener les investigations avec rigueur afin que les auteurs de ces crimes ne puissent échapper à la justice en raison d’insuffisances dans la collecte des preuves ou de failles dans la procédure. Il a également demandé que toute personnalité influente susceptible d’être impliquée dans des crimes visant des personnes atteintes d’albinisme soit identifiée et présentée à l’opinion publique. Reconnaissant que de tels drames alimentent régulièrement les débats sur le rétablissement de la peine de mort, le président a rappelé que Madagascar est signataire des conventions internationales abolissant cette sanction. Il a néanmoins réitéré sa demande de transférer les suspects à Tsiafahy. Enfin, il a annoncé la création, dans un délai de deux semaines, dans le sud de Madagascar, d’un centre destiné à accueillir, protéger et accompagner les personnes atteintes d’albinisme, dans le but de renforcer leur sécurité face aux menaces dont elles continuent d’être victimes.
Yv Sam




