
L’insécurité bat son plein dans le Grand Sud. Venus expressément à Antananarivo lundi dernier, les représentants du village de Lampeloha Tsimirimbo (commune d’Ampamanta, district d’Antanimora Sud) ont brisé le silence pour dénoncer neuf ans de terreur ininterrompue. Depuis 2017, cette localité de la région Androy subit les assauts répétés des dahalo, plongeant les habitants dans un désarroi total face à ce qu’ils qualifient d’inaction des forces de l’ordre.
Le bilan est lourd : sept attaques d’envergure ont décimé l’économie locale. Lors du dernier raid, 156 bœufs ont été volés. Au total, la communauté pleure la perte de centaines de têtes de bétail et de quatre vies humaines, dont trois villageois tombés sous les balles des bandits et un sous le feu d’un gendarme. « Les dahalo incendient nos villages le dimanche à 6 heures du matin. Ils achètent les autorités », s’insurge Damy Tsitindria, un jeune leader local qui pointe du doigt de graves complicités au sein de certaines autorités. Aujourd’hui, les villageois ne peuvent plus ni cultiver cette terre pourtant fertile, ni élever leur cheptel. Contraintes de fuir la brousse, de nombreuses familles abandonnent tout. Face à cette détresse, les notables lancent un appel pressant à l’État pour un renforcement immédiat de la sécurité et l’ouverture d’une enquête sur ces réseaux de connivence.
Julien R.


