
Le projet « Fitantanana Maharitra Holovain-jafy » (FMH), mis en œuvre par un consortium d’organisations internationales et nationales de conservation, a développé la « Community Score Card » (ou Carte communautaire de performance) dans ses zones d’intervention, en partenariat avec Care International.
« Il s’agit d’un outil efficace de redevabilité sociale et de gouvernance participative en matière de gestion des cinq Aires Protégées faisant partie des zones d’intervention du projet FMH. Il permet à tous les acteurs concernés – dont, entre autres, les communautés de base, les gestionnaires des Aires Protégées, les autorités locales, les services déconcentrés et les bailleurs – d’évaluer la qualité des services liés à la conservation. En plus, la responsabilité de chaque acteur est déjà définie. Suite à l’efficacité de cet outil dans d’autres projets, tels que l’adduction d’eau potable, nous l’avons introduit dans des projets de conservation », a fait savoir Hanitriniaina Tahiana Rarivomanana, directeur du Reboisement, de la Gestion des paysages et des forêts au sein du ministère de l’Environnement et du Développement durable, lors d’un atelier de partage d’expériences sur la mise en œuvre de cet outil, hier au centre Arrupe Faravohitra.
Dialogue participatif. Il est à noter que le consortium chargé de la mise en œuvre du projet FMH est composé notamment de The Peregrine Fund, Missouri Botanical Garden, Madagasikara Voakajy, Durrell Wildlife Conservation Trust et Royal Botanic Gardens, Kew. « Dans le cadre de cet atelier, toutes les parties prenantes ont pu effectuer des échanges concernant les impacts de l’application de la « Community Score Card », tout en identifiant les points à améliorer en matière de conservation des Aires Protégées. Des recommandations sont ensuite établies d’un commun accord à travers un dialogue inclusif et participatif. Le partage des responsabilités et l’échéance de mise en œuvre des activités à entreprendre sont également définis ensemble. Ce dialogue se fait tous les six mois, ce qui a contribué à l’amélioration de la gouvernance locale, avec une meilleure appropriation et un engagement de tous. À titre d’illustration, ces acteurs concernés ont pu entamer le processus d’homologation du « Dina » (ou règle communautaire) en l’espace d’un an, au lieu de 4 ans auparavant », a expliqué Denise Olga Rabodoheninoro, responsable du Mécanisme de gestion des plaintes et de redevabilité au sein de Care International.
Appréciations des communautés locales. Le projet FMH est financé par le Royaume-Uni à travers le programme mondial Biodiverse Landscapes Fund. La directrice de ce programme, qui est également la représentante du département en charge de l’Environnement du gouvernement du Royaume-Uni, Colleen Wainwright, a soulevé l’importance de cette « Community Score Card » en matière de gestion des Aires Protégées.
« On peut, entre autres, identifier les appréciations des communautés locales bénéficiaires tout en renforçant la collaboration entre les différents acteurs », a-t-elle précisé. Lors de sa visite dans les Aires Protégées de Menabe Antimena et d’Ambondrombe, elle a avancé que la mobilisation collective des communautés de base conduira à la réussite des actions de conservation de la biodiversité faisant la renommée de Madagascar. Certaines communautés se lancent dans les opérations de patrouille pour une meilleure gestion des feux et la lutte contre la déforestation, tandis que d’autres promeuvent l’agriculture intelligente et l’agroforesterie. « La vulgarisation des greniers communautaires villageois constitue également un outil efficace pour l’amélioration du niveau de vie de la population locale tout en soutenant les femmes rurales, qui sont les plus dynamiques », a-t-elle conclu.
Navalona R.




