
Publié cette semaine sur le site du ministère de l’Économie et des Finances, le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 est présenté comme un instrument d’ajustement et de relance.
Dans un contexte marqué par les chocs climatiques, les tensions internationales, la crise énergétique liée au Moyen-Orient et leurs impacts sur les prix à l’importation, le gouvernement opte pour une réallocation ciblée des ressources, sans coupe budgétaire globale. D’après le projet de loi de finances rectificative, l’objectif est de préserver les équilibres, de soutenir l’économie réelle et de renforcer les bases d’une croissance plus résiliente. La croissance économique est ainsi révisée à 3,8%, contre 4,8% initialement prévus dans la loi de finances initiale. Le déficit du solde primaire est maintenu à 3,5% du PIB, traduisant la volonté de garder le cap de la discipline budgétaire tout en finançant les priorités de relance. Les recettes fiscales intérieures sont maintenues à 6 221,7 milliards d’ariary, appuyées par des mesures de mobilisation et de rationalisation des dépenses fiscales.
Relance productive
Sur le volet fiscal, les mesures attendues devraient générer 527 milliards d’ariary. Les mesures législatives représentent 135 milliards d’ariary, dont 75 milliards issus de la rationalisation des dépenses fiscales, 20 milliards à travers le droit d’accise sur les friperies et 40 milliards grâce à la révision du droit de visa. Les mesures administratives devraient, elles, rapporter 392 milliards d’ariary, notamment par le renforcement du contrôle fiscal à hauteur de 150 milliards, le recouvrement des restes à recouvrer pour 190 milliards, ainsi que le suivi de l’impôt sur les revenus des marchés pour 50 milliards. La Douane s’inscrit également dans cette logique de relance productive. Les recettes douanières sont réajustées à 5 202 milliards d’ariary, en hausse de 176 milliards par rapport à la LFI. La politique douanière met l’accent sur le patriotisme économique, avec une taxation différenciée privilégiant la production locale face aux produits finis importés, tout en facilitant l’importation de biens d’équipement et de technologies.
Besoin d’impacts
Côté dépenses, le PLFR privilégie des réallocations orientées vers les interventions à fort impact attendu sur la population et l’économie. Les crédits sont recentrés sur l’énergie, la stabilisation des prix du carburant, les infrastructures de base, l’agriculture, le tourisme et les industries de transformation. Cette orientation traduit une volonté de renforcer l’efficience et la qualité de la dépense publique, en finançant prioritairement les projets capables de soutenir la production nationale, d’améliorer les conditions de vie et de relancer durablement l’activité économique. Le texte confirme ainsi une logique de résultats, au service d’une croissance plus résiliente.
Antsa R.




