- Publicité -
samedi, septembre 12, 2026
- Publicité -
AccueilDossiersSanté infantile : Compétition inter-fokontany pour la vaccination dans Tana-ville

Santé infantile : Compétition inter-fokontany pour la vaccination dans Tana-ville

Réunion d’information avec les chefs fokontany en mars 2026 (crédit photo UNICEF).
Présence massive des leaders communautaires lors des réunions au niveau des arrondissements (crédit photo UNICEF).
Les agents communautaires sont mobilisés pour les visites à domicile (crédit photo UNICEF).

Face au faible taux de couverture vaccinale, qui fragilise la santé des enfants en bas âge dans la capitale, le District Sanitaire de Tana-Ville, soutenu par l’UNICEF et la Fondation Gates, mise désormais sur l’engagement communautaire. Une compétition inter-fokontany innovante a été instaurée pour inciter les chefs de quartier et les agents communautaires à traquer le moindre retard de vaccination à l’échelle locale.

Derrière les statistiques nationales se cache une réalité préoccupante pour la commune urbaine d’Antananarivo. Tana-Ville figure parmi les zones affichant un taux de vaccination particulièrement bas chez les enfants de moins de cinq ans. C’est précisément dans cette optique que le Service de District de la Santé Publique (SDSP) de Tana-Ville et l’UNICEF, bénéficiant du soutien financier de la Fondation Gates, ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Ensemble, ils ont initié une « compétition inter-fokontany pour la vaccination dans le district de Tana-Ville ». Durant trois mois consécutifs, de mars à mai, les 51 fokontany cibles se sont livrés à une course saine à la performance sanitaire. Chaque mois, les trois meilleurs fokontany de la capitale ont été sélectionnés. L’heure de la consécration sonnera en juillet 2026. Une cérémonie officielle sera organisée pour honorer les neuf fokontany lauréats qui auront enregistré les meilleurs taux de couverture vaccinale chez les moins de cinq ans. Pour marquer le coup et valoriser les efforts de proximité, les festivités se dérouleront directement au sein même des fokontany vainqueurs. Une manière forte de prouver que la bataille pour la santé des enfants se gagne d’abord à la racine, au plus près des ménages. À terme, les initiateurs du projet espèrent que cette approche pilote réussie servira de modèle inspirant pour l’ensemble des fokontany de Madagascar.

Cibles

Selon les données sanitaires disponibles, pas moins de 17 Centres de Santé de Base (CSB), couvrant un réseau de 51 fokontany à travers la capitale, sont directement touchés par cette baisse de régime vaccinal. Le choix de Tana-Ville comme district pilote ne relève pas du hasard. En tant que zone la plus densément peuplée de la Grande Île, la capitale paie régulièrement le prix fort lors des vagues épidémiques, notamment face à la rougeole, en raison d’un grand nombre d’enfants dits « zéro dose ». Ne pas vacciner un enfant, c’est l’exposer sciemment à des risques mortels. Aujourd’hui encore, le refus ou le retard de vaccination reste une menace majeure pour la santé publique, ouvrant grand la porte au retour d’épidémies que l’on croyait pourtant maîtrisées. Le premier effet néfaste est individuel et immédiat. Sans bouclier immunitaire, l’organisme de l’enfant est vulnérable à des pathologies graves telles que la rougeole, la poliomyélite, la diphtérie ou le tétanos. Ces maladies, loin d’être de simples infections infantiles, entraînent de lourdes complications : paralysies irréversibles, lésions cérébrales, pneumonies sévères et, trop souvent, un décès prématuré.

Recensement des enfants

Pour inverser la tendance, la stratégie s’est tournée vers les forces vives de la communauté. L’objectif principal est d’obtenir l’engagement indéfectible des leaders locaux, à l’instar des chefs de fokontany et des chefs de secteur. « Le choix d’impliquer directement les chefs de fokontany n’est pas fortuit. L’objectif est d’engager pleinement les décideurs de proximité dans la cause vaccinale. » Pour ce faire, le programme s’appuie sur la méthode « ACC » urbain (Approche Atteindre Chaque Cible). Le déploiement s’est fait de manière méthodique en plusieurs étapes clés : en mars 2026 se sont tenues des réunions de concertation avec les chefs de fokontany et les chefs de secteur, au niveau des six arrondissements d’Antananarivo. Viendra, par la suite, le lancement des opérations de recensement des enfants de moins de cinq ans par les leaders locaux. Après le recensement, il y a eu la confrontation et la vérification minutieuse des données statistiques recueillies auprès des CSB. Après la collecte des données des enfants recensés, des descentes sur le terrain ont été menées par les agents communautaires pour identifier et repérer spécifiquement les enfants « zéro dose », sous-vaccinés ou perdus de vue.

Un investissement pour l’avenir

Chaque campagne de vaccination réussie réduit la pression sur les hôpitaux publics, souvent saturés. En libérant des ressources médicales, le système de santé peut mieux se concentrer sur d’autres urgences. Investir dans la vaccination des enfants aujourd’hui, c’est garantir une force de travail saine et productive pour le Madagascar de demain. Lorsqu’une majorité de la population est vaccinée, le virus ne trouve plus d’hôtes pour se propager. C’est ce qu’on appelle l’immunité de groupe. Elle protège non seulement l’individu vacciné, mais aussi les plus vulnérables, nourrissons, femmes enceintes et personnes âgées, qui ne peuvent pas toujours recevoir les doses. Face aux rumeurs, les faits restent constants : le vaccin sauve des vies, protège l’économie et construit un avenir plus résilient pour la Grande île.

Narindra Rakotobe

- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici