
Le requin-bambou à points bleus refait surface après vingt ans d’absence à Madagascar. Cette étude scientifique met fin à une confusion chronique et offre un espoir inédit pour sa protection.
Après 20 ans d’absence dans les registres scientifiques, le requin-bambou à points bleus, ou « Chiloscyllium caeruleopunctatum », vient de refaire surface au large de Madagascar. Cette redécouverte est le fruit d’une expédition menée par les biologistes Tsarahasina Fanomenzana et le Dr David Ebert dans le cadre du projet « Lost Sharks », soutenu par la fondation « Save Our Seas ». Depuis septembre 2025, l’identification de quatre nouveaux spécimens a permis de mettre fin à une énigme qui perdurait depuis la description initiale de l’espèce en 1914. Les travaux de terrain révèlent que l’absence prolongée de l’espèce dans les inventaires ne traduisait pas nécessairement une disparition réelle, mais plutôt une confusion systématique. Les pêcheurs locaux assimilent fréquemment ce petit squale endémique au requin-bambou à taches blanches ou aux juvéniles du requin-zèbre, en raison de similitudes morphologiques marquées. Ces erreurs d’identification ont entraîné une sous-déclaration chronique de la présence du requin, expliquant pourquoi l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) le classait jusqu’ici dans la catégorie des « données insuffisantes ». La confirmation de la présence de ces spécimens constitue un tournant décisif pour la biodiversité marine malgache. Ces preuves tangibles permettront désormais à l’UICN de réviser le statut de conservation de l’espèce et d’élaborer des mesures de protection adaptées, en levant le voile sur cette confusion biologique. Cette étude offre une chance inédite de mieux cerner et de préserver ce prédateur longtemps resté dans l’ombre.
Recueillis par Maminirina Rado


