
Le secteur privé malgache veut faire de l’intégrité un levier de compétitivité et de développement. De son côté, le gouvernement souligne le rôle de l’intégrité et de la transparence dans le soutien à l’investissement et à la relance économique.
Le Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM) et Transparency International Madagascar (TI-MG) ont officialisé une convention de collaboration destinée à renforcer la transparence, l’éthique des affaires et la prévention de la corruption au sein des entreprises. Une cérémonie de signature a eu lieu hier, en présence du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, au Bois Vert Ivato. Ce partenariat rapproche deux acteurs appelés à jouer des rôles complémentaires dans l’amélioration du climat des affaires. Le GEM, qui fédère 23 groupements et syndicats professionnels sectoriels, sept groupements régionaux et plus d’une centaine d’entreprises directement affiliées, entend accompagner ses membres vers des pratiques de gouvernance plus responsables. TI-MG apportera, pour sa part, son expertise en matière de lutte contre la corruption, de conformité et de promotion de la transparence.
Échanges
La convention repose sur quatre axes. Elle prévoit d’abord le renforcement de la Charte éthique du GEM, ainsi que des actions de formation et de sensibilisation à destination des dirigeants et des équipes. Elle doit également favoriser la mise en place de programmes de conformité adaptés au contexte malgache, avec des outils de diagnostic des risques, des procédures internes et des mécanismes de contrôle. Le partenariat entend, par ailleurs, développer le dialogue entre entreprises, société civile, institutions publiques et partenaires, tout en encourageant des dispositifs de signalement sûrs et la protection des lanceurs d’alerte.
Orientations du gouvernement
La rencontre a également permis de mettre en perspective ces enjeux avec les orientations économiques et budgétaires de l’État. Présentant le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, a rappelé que la croissance du PIB est désormais projetée à 3,8%, contre 4,8% initialement, sous l’effet des cyclones et des tensions sur les prix pétroliers. Face à ces chocs, le PLFR mise sur des réallocations ciblées vers les secteurs à fort impact économique et social, notamment l’énergie, les infrastructures de base, l’agriculture, le tourisme et les industries de transformation. Il maintient l’objectif de 6 221,7 milliards d’ariary de recettes fiscales intérieures et prévoit 5 202 milliards d’ariary de recettes douanières. Au-delà des chiffres, un même message s’est dégagé : la relance économique ne peut être durable sans confiance, transparence et responsabilité. Pour les entreprises comme pour l’État, l’intégrité apparaît désormais comme une condition essentielle de l’investissement, de la compétitivité et de la croissance.
Antsa R.




