
Réunies pendant deux jours au Carlton Anosy, à l’issue d’un forum national historique soutenu par le PNUD, plus d’une centaine de femmes leaders issues des 24 régions de Madagascar ont adopté une déclaration d’engagement solennelle. Cette déclaration pose les conditions non négociables d’une participation féminine effective et paritaire aux futures concertations de la Refondation, articulée autour de réformes constitutionnelles et électorales majeures.
Un vent de mobilisation historique souffle sur la participation politique féminine à Madagascar. Réunies pendant deux jours au Carlton Anosy à l’occasion d’un forum national d’envergure, plus d’une centaine de femmes et de jeunes femmes leaders, venues des 24 régions de la Grande Île, ont fait entendre leur voix. Organisé sous le haut patronage de la Première Dame, Elisa Randrianirina, et soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) via le projet RPEDEM (Renforcement des Processus électoraux et démocratiques à Madagascar), cet événement s’est clôturé hier par l’adoption d’une déclaration d’engagement solennelle. Bien plus qu’un simple plaidoyer pour des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, cette déclaration pose les conditions non négociables de leur participation effective aux futures concertations régionales et nationales de la Refondation.
Déclaration
À travers cette déclaration commune, les participantes ont structuré leur combat autour de huit exigences fondamentales, pensées pour redéfinir l’avenir démocratique du pays. Elles rappellent d’abord qu’aucune refondation ne saurait être complète sans l’inscription de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes au cœur de la future Constitution, exigeant que la Loi fondamentale contraigne l’État à adopter des mesures concrètes et vérifiables, telles que des quotas stricts et des mesures spéciales temporaires, pour corriger immédiatement le déficit de représentation féminine dans la vie publique. Déterminées à défendre leurs droits, elles préviennent qu’aucun recul ne sera toléré concernant les acquis historiques en matière de parité, d’accès à l’éducation, à la santé, à la justice, ainsi que dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Sur le plan électoral, elles réclament une modernisation de la réglementation du financement des campagnes afin d’en garantir la transparence et de stimuler une participation positive des candidates. Pour sanctuariser ces avancées, la déclaration appelle l’ensemble des forces vives de la nation à ériger l’égalité des droits des femmes en une clause de sauvegarde constitutionnelle suprême, rendue ainsi opposable à toute loi, coutume ou autorité. Dans l’immédiat, elles revendiquent un taux de participation minimal de 40% de femmes au sein de chaque entité convoquée lors de la concertation nationale et exigent l’intégration paritaire et effective d’expertes au sein de l’instance de rédaction de la future Constitution, condition sine qua non pour réussir ce tournant historique. Par cet acte fort, les femmes leaders malgaches réaffirment leur volonté d’apporter une contribution souveraine et active à la reconstruction du pays.
Narindra Rakotobe


