Le PLFR 2026 maintient l’objectif des recettes fiscales intérieures à 6 221,7 milliards d’ariary. Dans un contexte de croissance révisée à la baisse, cet objectif repose sur une stratégie visant à mobiliser davantage de recettes sans fragiliser la relance économique ni pénaliser les secteurs productifs. Selon le projet de loi, l’impact attendu des mesures fiscales est évalué à 527 milliards d’ariary. Les mesures administratives devraient générer 392 milliards d’ariary, tandis que les ajustements législatifs représenteraient 135 milliards d’ariary. À moyen terme, l’administration fiscale vise un gain de 1,1 point de PIB sur la période 2026-2028. La logique retenue n’est pas celle d’un alourdissement généralisé de la pression fiscale. Elle repose plutôt sur l’élargissement de l’assiette, la sécurisation des recettes, le renforcement du contrôle et la rationalisation des dépenses fiscales jugées peu efficaces. Selon les explications du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, lors de la rencontre organisée par le GEM jeudi dernier, l’enjeu est de préserver un équilibre entre mobilisation budgétaire et soutien à l’activité.
Favoriser les investissements privés
Parmi les ajustements prévus figurent la suppression de la TVA sur les intérêts financiers, la possibilité de transfert du report de déficits en cas de fusion de sociétés, sous conditions, ainsi que certaines retaxations ciblées. Le riz de luxe serait taxé à 5%, le pétrole lampant à 20% et les friperies à 10%, afin de favoriser la production locale. Le droit d’accise sur les télécommunications serait, en revanche, réduit à 5% contre 8% auparavant. Le texte prévoit également la révision du droit de visa de séjour et la suppression d’avantages fiscaux considérés comme peu performants, notamment certains avantages accordés aux FRUP. Sur le plan administratif, l’accent est mis sur le renforcement du contrôle fiscal, le recouvrement des restes à recouvrer, le suivi de l’impôt sur les revenus des marchés publics et la digitalisation des procédures. Cette dernière est présentée comme un levier à la fois de performance, de transparence et de lutte contre la corruption. À travers ces mesures, le PLFR cherche à consolider les recettes de l’État, tout en améliorant la relation entre l’administration et les contribuables. La fiscalité devient ainsi un instrument de relance maîtrisée, fondée sur l’équité, la confiance et l’efficacité.
Antsa R.




