
Vendredi dernier, le Piment Café de Behoririka a fait le plein d’inconditionnels de la guitare-voix et de la chanson engagée. L’affiche laissait présager un moment d’exception, et la promesse a été largement tenue. Réunir Tselonina et le groupe Levelo sur une même scène, c’est s’assurer d’un voyage nostalgique où la satire sociale côtoie la poésie la plus pure.
Dès les premières notes, la magie a opéré. Le public, composé de connaisseurs de toutes les générations, n’a pas boudé son plaisir. Les grands classiques ont résonné dans une salle qui reprenait chaque refrain en chœur.
Ingahibe, fidèle à lui-même, a manié l’ironie et le franc-parler avec une précision chirurgicale. Ses textes, miroir d’une société malgache qu’il observe d’un œil critique, mais toujours tendre, ont fait mouche à chaque fois.
Lolona et ses complices de scène, de leur côté, ont apporté cette touche de mélancolie et de profondeur mélodique qui le caractérise. Sa voix, portée par des accords de guitare d’une grande finesse, a suspendu le temps à plusieurs reprises.
Tselonina et Levelo ont prouvé que le poids des années n’a aucune prise sur leur talent, ni sur la pertinence de leurs messages. Une soirée mémorable qui restera, à coup sûr, gravée dans les annales des noctambules.
Zo Toniaina


