
Madagascar bénéficie d’un nouveau financement de 90 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale pour renforcer les services de santé et de nutrition au profit de plus de 5 millions de personnes.
Cet appui additionnel vise principalement à intensifier la lutte contre le retard de croissance chez les enfants et à améliorer l’accès aux soins pour les femmes, les enfants, les adolescents et les ménages les plus vulnérables. Le financement comprend 80 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) et une subvention de 10 millions de dollars du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF). Il vient soutenir le Programme d’amélioration des résultats nutritionnels (PARN), lancé en 2017 pour une durée de dix ans. Selon la communication de la Banque mondiale, le programme a pour ambition de réduire de 30% le retard de croissance chez les enfants et de toucher 600 000 enfants d’ici 2028. Grâce à cet appui, Madagascar pourra élargir l’accès aux services essentiels de santé et de nutrition dans les régions les plus vulnérables. Les interventions couvriront notamment la santé reproductive, la santé maternelle, néonatale, infantile et adolescente, ainsi que les services de nutrition communautaire. En effet, l’objectif est d’assurer une continuité des services jusqu’à l’achèvement du programme, tout en comblant les lacunes encore observées dans les zones les plus exposées.
Évolution
Des progrès ont déjà été enregistrés ces dernières années. La prévalence nationale du retard de croissance est passée de 42% en 2018 à 37% en 2025. Dans les régions appuyées par le programme, les baisses ont atteint jusqu’à 19%. La mortalité maternelle a également reculé, passant de 426 à 298 décès pour 100 000 naissances vivantes, selon les dernières données MICS 2025. Malgré ces avancées, les défis restent importants. Dans certaines zones du Sud et du Sud-Est, le retard de croissance dépasse encore 47%. L’émaciation infantile a, par ailleurs, augmenté ces dernières années. Ces indicateurs montrent que les efforts doivent être intensifiés pour améliorer durablement la santé des enfants et des mères. La contribution du GFF permettra aussi de renforcer les soins de santé primaires. Elle soutiendra l’extension des services intégrés, la réduction des obstacles à l’accès, la modernisation des infrastructures sanitaires, ainsi que la formation et le déploiement des agents de santé. Depuis que Madagascar est devenu pays partenaire du GFF en 2017, 35 millions de dollars de subventions ont permis de mobiliser près de 243 millions de dollars de financements du Groupe de la Banque mondiale. Ce nouveau soutien s’inscrit dans une ambition plus large : garantir un accès à des services de santé de qualité et abordables pour les populations les plus vulnérables.
Antsa R.


