
Des images de jeunes femmes « nubiles » aux côtés de vieux messieurs français retraités envahissent les fils d’actualité Facebook à Madagascar. Ces clichés suscitent des réactions particulièrement vives.
La Grande île est réputée pour la splendeur de ses paysages de rêve. Pourtant, certains vazaha ne s’y rendent pas uniquement pour admirer ces beautés naturelles. Ils seraient aussi en quête de « jeunes masseuses ». De leur côté, certaines jeunes femmes, à court de liquide, se laissent tenter par une aventure aux contours souvent tumultueux. Force est de rappeler que ce phénomène ne date pas d’hier. Nicolas Fargues, ancien directeur de l’Alliance Française de Diego-Suarez, s’est d’ailleurs inspiré de cette réalité pour écrire La Rade terminus…
L’histoire rappelle que la partie septentrionale a accueilli plus de 5 000 militaires français au début du XXᵉ siècle. Une cohabitation s’est alors installée entre les populations locales et les légionnaires. Avec le temps, le mariage avec un Français a pu être perçu, dans certains imaginaires, comme une forme d’ascension sociale. Dès lors, la course aux « vazaha mena sofiñy » serait lancée. Ici, il ne s’agit pas de juger, mais de souligner la persistance de dynamiques sociales intéressantes. Apparemment, la colonisation, selon les régions, semble avoir laissé des empreintes différentes. Dans le Nord, des racontars diraient même que les Français y seraient venus avec plus de sentiments… enfin, peut-être.
Un influenceur basé à l’étranger a rapidement tiré la sonnette d’alarme. Originaire du Nord, il sensibilise ses compatriotes en déclarant : « Ces retraités vivent eux-mêmes dans une certaine précarité en France. D’un côté, je comprends que certaines de nos sœurs cherchent à améliorer leurs conditions de vie par des moyens rapides. Mais, au final, cela peut les conduire à une forme de dépendance. Pourtant, il existe différentes manières de gagner de l’argent. » Les observateurs, de leur côté, appellent les autorités à intervenir. « Qu’elles agissent car la situation devient de plus en plus préoccupante », a martelé le père éducateur Régis Toloezaka. Toutefois, certaines familles ne l’entendent pas ainsi. Pour elles, la France reste l’ultime échappatoire, une solution contre la pauvreté. « Une fois nos filles installées en Europe, les problèmes financiers seront réglés. Elles construiront des villas », affirment-elles, imaginant des lendemains prospères.
Alors, lorsqu’un enseignant interroge des jeunes filles sur leur avenir, la réponse tombe parfois avec une assurance déconcertante : « Manambady vazaha », littéralement « épouser un étranger ». Une ambition somme toute comme une autre, ou presque. C’est étrange… Ça craint !
Iss Heridiny


