
Le Territoire Agricole Durable (TAD) sera présenté dans le cadre de la 12e édition du salon ITM (International Tourism Fair – Madagascar), qui débutera ce jour au CCI Ivato.
Ce concept vise à construire un modèle de développement où agriculture, environnement, éducation, santé et bien-être de la population avancent ensemble. Le TAD repose sur un développement durable basé sur l’implication de tous les acteurs concernés, tels que les producteurs, les consommateurs, les communautés locales, le secteur privé, le secteur public et les partenaires du territoire. Cette communauté durable est appelée à travailler ensemble en mutualisant ses moyens, ses compétences et ses ressources afin de répondre aux besoins collectifs, selon les promoteurs, tout en avançant des impacts concrets de cette dynamique de coopération. On peut citer, entre autres, la mobilisation de tous les acteurs pour la construction d’une école à Andranotsara, dans la commune de Foulpointe, avec une baisse de 66 % du coût des travaux.
Approche inclusive
La même logique a été appliquée à Ampasimbe, où un pont en bois a été construit en trois mois grâce aux matériaux disponibles localement et à la mobilisation de la communauté. Ces réalisations illustrent la capacité des territoires à trouver des solutions à partir de leurs propres ressources. Le TAD défend également une approche inclusive fondée sur la collaboration entre le secteur privé et le secteur public, qui s’est notamment traduite par la mise à disposition d’équipements destinés aux formations à distance ainsi que par l’installation d’une mini-centrale hydroélectrique permettant d’améliorer l’accès à l’énergie pour les communautés locales. Le TAD favorise aussi le rapprochement entre producteurs et exportateurs afin de créer davantage de valeur au sein des filières agricoles. La coopérative Taratra a pu, entre autres, accéder au marché européen grâce à l’accompagnement du groupe Faly Export.
Autonomie
La transparence constitue un autre pilier du modèle. Pour renforcer la confiance entre les différents acteurs, le TAD s’appuie sur « Holy Apply », un outil qui permet de tracer les ressources mobilisées et les actions réalisées. Cette démarche favorise une gouvernance transparente et une meilleure visibilité des contributions de chacun, a-t-on indiqué. Des formations et sensibilisations sur les bonnes pratiques agricoles, l’agriculture biologique, la préservation de l’environnement, l’hygiène ou encore la santé communautaire sont également lancées via des interactions entre les acteurs dans des émissions radiophoniques. Cette approche contribue à l’amélioration des conditions de vie des communautés locales. Le TAD n’est pas un mécanisme de financement, avancent les promoteurs. Il vise à démontrer qu’un grand nombre de projets peuvent être réalisés lorsque les ressources déjà présentes dans un territoire sont identifiées, mutualisées et utilisées de manière collective. Cette vision encourage l’autonomie des communautés et réduit leur dépendance aux financements extérieurs, a-t-on évoqué.
Par ailleurs, la préservation de l’environnement est un élément essentiel de cette démarche. À Foulpointe, le TAD soutient notamment la protection de la forêt d’Analalava, dont les services écologiques maintiennent la durabilité des activités agricoles. Ce modèle de développement contribue au développement d’un écotourisme responsable, créateur d’opportunités pour les populations locales. La valorisation de l’agriculture biologique attire, en même temps, les touristes. Une conférence dédiée au TAD sera ainsi organisée le 12 juin 2026 lors du salon ITM.
Navalona R.




