Le 26 juin, fête de l’indépendance, le choix de cette date ne relève pas de la commémoration de la fin des négociations politiques entre les autorités françaises et leurs futurs homologues de Madagascar, mais du libre choix de ces dernières. Cette période correspond, en effet, à la fin de la grande récolte du riz. Et qui dit récolte dit période faste, et donc la population rurale pouvait s’adonner à quelques libations avec les foires et les kermesses. Car « panem et circenses » — selon la satire X du poète romain Juvénal, rédigée au IIe siècle après J.-C. — dénonce la passivité du peuple romain qui, ayant perdu son droit de vote et son pouvoir politique, ne se préoccupe plus que de deux choses : la nourriture gratuite et les grands spectacles. Ainsi donc, la campagne de démystification de cette dite « fausse indépendance », ourdie par les opposants de l’époque, n’a eu que peu d’écho.
Revenons à ce fameux 26 juin 1960
Tard dans la nuit, le ciel noir de la capitale fut surpris par les vrombissements de plusieurs moteurs d’avions. La radio Tananarive ne cessait de hurler en permanence : « Azonay ë, Tsy avelanay, ny fahaleovantena efa azonay tsy avelanay ! » Pendant ce temps, les gens étaient dans la rue, nombreux, mais affichaient une mine plutôt mi-figue mi-raisin, sans plus. Surpris, peut-être. Il faudra attendre au matin pour lire à la une des journaux, étalées sur toutes les colonnes, les lettres : AZO NY FAHALEONVATENA, pour être convaincu qu’on n’est plus une colonie. Les lendemains furent des jours de liesse, avec des fanfares et des lampions partout. Et les années d’après, les « santa-bary » et les foires, les kermesses et les dînettes des enfants ont perpétué la fête du 26 juin.
Nous, aujourd’hui, qui pleurons sans cesse, dites-nous : qu’avons-nous fait de notre indépendance…
Sinon absence d’abondance !
M. Ranarivao



Rendons justice à ceux qui ont reçu en premier l’Indépendance .Ils avaient tout appris au service des Coloniaux.Ils ont su garder le rang de Madagascar .Arrivés à l’age de la retraite ils se sont retirés et ont laissé place à tout les décolonisés qui n’avaient appris..