
Madagascar avance à grands pas dans la lutte contre les flux financiers illicites et le renforcement de la transparence économique. Il s’agit de l’une des mesures administratives permettant d’améliorer la pression fiscale, selon le ministre Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison.
Le Registre Central des Bénéficiaires Effectifs (RCBE) a été officiellement lancé hier, au Novotel Ivandry, lors d’une cérémonie ouverte par le Premier ministre, chef du gouvernement, Mamitiana Rajaonarison. Attendu depuis plusieurs années, ce dispositif, mis en place par la Direction générale des impôts (DGI), vise à identifier clairement les personnes physiques qui contrôlent réellement les sociétés, associations, fondations ou autres structures juridiques opérant à Madagascar. D’après ses initiateurs, l’objectif est de mieux connaître ceux qui entreprennent effectivement dans le pays, au-delà des simples dénominations sociales ou montages juridiques. Selon les explications du Premier ministre, le RCBE permettra de renforcer la traçabilité des acteurs économiques et de lutter contre plusieurs dérives qui freinent l’assainissement de l’environnement des affaires. Il a notamment cité le monopole, la capture d’État, l’évasion fiscale, le blanchiment de capitaux, l’impunité, ainsi que d’autres mauvaises pratiques. Mais le dispositif n’est pas uniquement conçu comme un outil de contrôle. Il permettra également aux entrepreneurs et aux investisseurs de démontrer qu’ils exercent leurs activités avec éthique, transparence et responsabilité.
Améliorations
Les enjeux sont majeurs pour l’économie nationale. En 2024, les flux financiers illicites entrant et sortant de Madagascar sont estimés à 330 millions de dollars, soit près de 1,9% du produit intérieur brut. Près d’un tiers de ces flux serait lié à la fraude fiscale. Le RCBE apparaît ainsi comme un instrument stratégique pour prévenir la fraude, renforcer les mécanismes de contrôle et limiter les pertes de recettes publiques. Dans son intervention, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a souligné que ce registre est un outil de conformité réglementaire et représente également un levier pour accroître les ressources intérieures de l’État. Selon lui, la transparence et la bonne gouvernance figurent parmi les conditions essentielles pour bâtir une économie plus forte, plus compétitive et créatrice de richesses. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Politique générale de l’État, qui place la transparence, l’amélioration des recettes publiques et la lutte contre les pratiques financières illicites parmi les priorités nationales. À travers le RCBE, Madagascar entend consolider un environnement économique plus intègre, plus moderne et plus attractif pour les investisseurs.
Antsa R.


