
Remise officiellement le 15 juin dans les locaux du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation (MID) à Anosy, la circulaire interministérielle sur l’état-civil marque une avancée majeure dans la mise en œuvre de la réforme engagée depuis 2019, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie.
La réforme de l’état-civil à Madagascar franchit une nouvelle étape. Lundi 15 juin 2026, à la Coupole d’Anosy, les autorités ont procédé à la remise officielle de la circulaire interministérielle relative à la tenue de l’état-civil et à l’enregistrement des faits y afférents. Élaboré depuis 2022 sous la coordination du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ce document vise à « rendre pleinement opérationnelle la loi sur l’état-civil adoptée en 2019 ». Au cœur de cette circulaire figurent des précisions essentielles sur les procédures à suivre ainsi que sur les responsabilités des différentes institutions impliquées. En effet, jusqu’ici, les pratiques variaient selon les localités, entraînant parfois des dysfonctionnements. Ce qui est révolu aujourd’hui, la circulaire interministérielle ayant pour objectif d’harmoniser le système à l’échelle nationale et de renforcer la coordination entre les acteurs publics.
Levier
Outre l’aspect administratif, cette réforme touche directement à la reconnaissance des droits fondamentaux. L’enregistrement des naissances, mariages et décès constitue en effet la base de l’identité juridique. Sans acte d’état-civil, de nombreux citoyens restent exclus des services essentiels tels que l’éducation, la santé ou encore la participation électorale. La circulaire ambitionne ainsi de garantir à chaque Malgache une existence légale reconnue. Elle devrait également permettre d’améliorer la production de données démographiques fiables, indispensables à l’élaboration de politiques publiques efficaces. Si l’avancée est là, la mise en œuvre effective de ces nouvelles dispositions dépendra largement des capacités des collectivités territoriales, notamment en zones rurales, où l’accès aux services administratifs demeure limité. La formation des agents et la mobilisation des moyens logistiques seront déterminantes.
José Belalahy


