- Publicité -
samedi, septembre 26, 2026
- Publicité -
AccueilPolitiqueFFKM : Fin des concertations nationales prévue en avril 2027

FFKM : Fin des concertations nationales prévue en avril 2027

Le leadership du processus de concertation nationale est confié exclusivement au Conseil œcuménique des Églises chrétiennes

Alors que le processus de dialogue national confié au FFKM devait entrer dans sa phase active dès le mois de mai 2026, aucun lancement officiel n’a encore été enregistré à la fin du mois de juin. Un retard qui fragilise déjà un calendrier pourtant ambitieux et nourrit les interrogations sur la tenue des prochaines échéances électorales. Selon un document interne intitulé « Dinika ho fanavaozana an’i Madagasikara », auquel nous avons eu accès, le processus imaginé par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar s’étale sur douze mois.

Mais ce document n’a toujours pas été officialisé et les premières concertations prévues dans les fokontany n’ont toujours pas commencé, alors même qu’elles devaient être lancées en mai dernier. Le retard est loin d’être anodin. Si les termes de ce document sont maintenus, le schéma élaboré par le FFKM prévoit un enchaînement minutieux des consultations, avec trois mois consacrés à chaque niveau territorial : des fokontany aux communes, puis aux districts et, enfin, aux régions. Une phase de consolidation est programmée pour mars 2027, avant une grande concertation nationale prévue en avril 2027. En l’état actuel, chaque semaine perdue risque de repousser l’ensemble de l’édifice.

À la base, au niveau des fokontany, les fokonolona sont appelés à participer à des consultations dirigées conjointement par les démembrements du FFKM, les sages locaux et les présidents de fokontany. Les propositions recueillies doivent ensuite être consolidées au niveau communal, où élus, responsables religieux et associations locales sont invités à débattre des conclusions. Le processus gagne ensuite en ampleur dans les districts. Les services techniques déconcentrés, la diaspora, les élus, les associations et les dirigeants religieux sont appelés à participer aux discussions, précédées d’une concertation spécifique des jeunes. Cette même approche est reproduite aux niveaux régional et national, où les acteurs politiques feront enfin leur entrée dans les débats, après une nouvelle consultation de la jeunesse.

Ambitions considérables

Le document prévoit également la mise en place d’une équipe technique chargée de la consolidation nationale. Trois groupes spécialisés devraient travailler respectivement sur la réforme de la Constitution, les questions électorales et le suivi de la mise en œuvre des décisions. Les ambitions affichées sont considérables. À l’issue des concertations, le FFKM envisage l’élaboration d’une feuille de route électorale, la rédaction d’un projet de Constitution ainsi que la traduction des recommandations en textes législatifs.

Les discussions doivent couvrir un large éventail de thématiques, dont la gouvernance et les institutions, la justice, la sécurité, l’État de droit, l’économie, le développement durable, la cohésion nationale, la culture, l’environnement, la décentralisation, la gestion des ressources naturelles ou encore la politique internationale. Mais derrière cette architecture impressionnante se cache désormais une réalité plus préoccupante : le temps passe et manque. En acceptant de piloter seul ce vaste chantier, le FFKM avait reçu une responsabilité majeure dans la préparation des réformes politiques. L’absence d’officialisation du processus et le retard déjà constaté dans les premières étapes interrogent sur sa capacité à respecter son propre calendrier.

Au-delà de la simple organisation logistique, les conséquences pourraient être éminemment politiques. Si le calendrier présenté dans ce document est maintenu, les promesses du gouvernement d’achever le processus de concertation nationale cette année 2026 risquent de s’envoler. Et si les concertations conditionnent effectivement les réformes constitutionnelles et électorales envisagées, tout glissement du calendrier pourrait repousser d’autant les échéances électorales futures. Une perspective qui risque d’alimenter les soupçons de prolongation du statu quo, dans un contexte où la confiance envers les institutions reste fragile. Le défi du FFKM n’est donc plus seulement de réussir un dialogue inclusif, mais aussi de démontrer qu’il peut conduire ce processus sans transformer un projet de refondation nationale en facteur supplémentaire d’incertitude politique.

Rija R.

Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici