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mercredi, septembre 9, 2026
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Nature : Madagascar ou la chronique d’un divorce tectonique

La fissure peut s’allonger sur des centaines de kilomètres, mais pas seulement couper les routes lors du « divorce » futur des tectoniques malgaches. (photo illustration de 2003)

Deux séismes récents au large de Soalala et de Sainte-Marie relancent une question fascinante sur le destin géologique de Madagascar. La Grande île est en effet condamnée, à très long terme, à se scinder en deux, un « divorce » spectaculaire qui se jouera en millions d’années.

Deux tremblements de terre en l’espace de quelques jours : le moment est approprié pour revenir sur le futur « divorce » des terres malgaches. Le premier, de magnitude 4,4, à 245 km au Nord-Ouest de Soalala, à 10 km de profondeur en mer, le 12 juin ; et le second, de magnitude 4,3, à 16 km au Sud-Ouest de l’île Sainte-Marie, le 16 juin à 11h05. Tout d’abord, rien de très inquiétant. À en croire les études de Didier Bertil et Jean-Marc Regnoult dans « Seismotectonics of Madagascar » (1998) sur le cas Madagascar, ces deux secousses ne seraient en aucun cas les signes avant-coureurs du « Big One ». Inutile de dilapider poules, bœufs et pigeons, puis de hurler à tout-va à la fin du monde. De même, d’autres études rejoignent l’affirmation des deux Français, comme celles de Tsiriandrimanana Rakotondraibe dans « Seismicity and seismotectonics of Madagascar revealed by the 2011–2013 deployment of the island-wide MACOMO broadband seismic array. » (2020, Elsevier). Pour faire simple, ces deux activités récentes à Soalala et à Sainte-Marie sont de l’ordre du normal. Mais l’occasion est propice pour revenir à la situation de Madagascar. Une explication s’impose.

La Grande île est bien installée, depuis des dizaines de millions d’années, sur deux plaques tectoniques, sortes de grandes tables qui flottent sur une étendue de grosse boule de lave. Ces deux plaques sont la « Somalienne » et « Lwandle ». Dès lors, selon toujours les chercheurs, tels qu’Elisa Josiane Rindraharisaona, Gérard Rambolamanana, Sarah Stamps, Abdelkrim Aoudia et d’autres… « Le futur de Madagascar sera de se scinder en deux au moins ». La partie centrale, qui pourrait emmener le nord avec elle, se déplacerait de trois millimètres par an vers le Nord-Est, comme si elle voulait se rapprocher de l’Asie du Sud-Est. Tandis que la partie Sud, sur la plaque de Lwandle, se déplace de deux millimètres par an vers le Sud-Est, pour finir peut-être au pôle Sud.

Même avec la longévité de Mathusalem, la génération actuelle ne vivra jamais ce « divorce ». Et la séparation ne se fera pas en douceur. C’est même apocalyptique, au sens du spectaculaire. À partir des études en Éthiopie, « Geophysical Research Letters » n’est pas tendre dans ses prédictions. Le divorce se fera avec des épisodes volcaniques intenses, des portions de terrain qui s’affaissent, des fissures qui s’ouvrent dans le paysage, des lacs qui se forment… De quoi alimenter les discussions au bureau et faire saliver les prêcheurs cupides des sectes et autres avides de « dîmes ». Après 20 millions d’années, les deux parties ne s’éloigneraient que de 40 kilomètres. Les « apôtres » zélés et haineux du fédéralisme ont cru si bien dire.

Maminirina Rado

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