Combien il peut paraître frustrant d’entendre ce mot ! Mais là-bas dans le coin Nord-Ouest de l’île, cette interpellation pour désigner le père est ô combien teintée d’affection. Mais prise au premier degré, quand ces morveux, fruits de nos entrailles nous traitent de croulants !cela fait mal, eux qui s’en vont vers d’autres horizons, laissant nous, générations nées des années 50-60- 70, comme seuls gardiens de la malgacheitude, nous laissant seulement comme ultimes gardiens des tombeaux ancestraux « valala mpiandry fasana ». Et plus tard, s’attendre à veiller leurs restes dans les meilleures formes et modernes comme les chambres mortuaires à plusieurs étoiles, les corbillards de luxe, les mpi-kabary de haute volée, mais tout ceci ne remplace, ni votre présence ni la joie de bercer nos petits-enfants et surtout de lutter avec nous contre ces tyrans qui nous volent et nous torturent psychologiquement à longueur d’année.
En ce jour de fête des pères, combien sommes-nous à être célébrés mais dénués de la présence de nos progénitures. « Pères sans enfants ! » sauf quand ils se retrouvent entre nous pour parler d’eux. Le comble, même pour ceux qui connaissent les réalités là-bas, on ne peut s’empêcher de nous mentir à nous- mêmes et de penser qu’ils vivent,eux, le paradis sur terre là-bas. Le racisme au quotidien, le chômage, le froid glacial hivernal, les brimades administratives nous feignons de les ignorer et ces envois pécuniaires nous confortent dans nos illusions, parce pauvres ils ne sont pas mieux lotis que nous, sauf peut-être d’une meilleure gouvernance de leur terre d’adoption, mais au moins c’est une consolation.
M.Ranarivao




