
La montée en puissance de la production d’huile lourde à Tsimiroro s’annonce prometteuse. Madagascar Oil prévoit désormais de dépasser les 300 barils par jour avant la fin de l’année 2026, avant même que le forage de nouveaux puits ne commence.
En mars 2026, lors de l’annonce de la reprise de la production d’huile lourde à Tsimiroro, Madagascar Oil avait indiqué s’être fixé comme objectif une production journalière de 300 barils. Après avoir progressivement remis en activité les puits existants, la compagnie prévoit aujourd’hui de dépasser cet objectif avec ces mêmes puits, et ce, avant la fin de l’année.
Concluante
Les résultats observés montrent, en tout cas, que cette remise en service progressive est concluante, malgré l’immobilisation des équipements pendant près de dix ans. Madagascar Oil estime désormais pouvoir avancer plus rapidement que prévu et atteindre un niveau de production supérieur avant fin 2026. Pour rappel, la société avait annoncé qu’une hausse plus importante de la production interviendrait avec le forage de nouveaux puits. Plus d’une centaine de nouveaux puits seront forés afin de porter la production à 3 000 barils par jour à l’horizon de 24 mois. L’huile lourde de Tsimiroro pourrait jouer un rôle important dans l’approvisionnement énergétique du pays. Elle pourrait progressivement réduire la dépendance de Madagascar aux importations d’huile lourde. Selon la compagnie, outre le fait d’être produite localement, l’huile lourde de Tsimiroro présente des caractéristiques supérieures à celles du produit importé, notamment une très faible teneur en soufre.
Faible teneur en soufre
À terme, Madagascar Oil déclare être en mesure de couvrir une part significative des besoins de la JIRAMA, estimés entre 3 000 et 4 000 barils par jour. La société nationale d’électricité pourrait tirer parti des caractéristiques de l’huile lourde de Tsimiroro, notamment de sa très faible teneur en soufre, laquelle limiterait l’usure des groupes de production. Dès 2018, des essais effectués à Mandroseza et à Mahajanga ont montré que ce fioul lourd local était pleinement compatible avec les installations de la JIRAMA et que son utilisation pouvait lui être bénéfique. Plusieurs industriels du pays utilisent l’huile lourde de Tsimiroro pour produire l’électricité nécessaire à leurs propres besoins. Madagascar Oil commercialise, en effet, depuis juillet 2022, le stock constitué au cours des trois années de production test.
Soutien de l’Etat
Quoi qu’il en soit, la prochaine phase d’expansion du champ de Tsimiroro s’annonce décisive dans la réduction de la dépendance du pays aux importations de fioul lourd. Lors d’un entretien, Yanto Sianipar, administrateur général de Madagascar Oil, a néanmoins souligné l’importance du soutien de l’État dans cette démarche. Il a notamment cité la mise en œuvre des mesures relatives au régime douanier prévues par le Code pétrolier. Interrogé par un confrère, un spécialiste de l’exploitation pétrolière a expliqué que l’application de ces dispositions éviterait à la société un surcoût d’investissement de 40%. Affaire à suivre.
R.Edmond.


