Madagascar poursuit son rapprochement avec la Russie. En visite officielle à Moscou, la ministre des Affaires étrangères, Alice N’Diaye, a renforcé cette dynamique en signant un mémorandum d’entente avec l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO University), l’une des principales pépinières diplomatiques de la Fédération de Russie. L’accord, conclu entre le ministère malgache des Affaires étrangères et l’université moscovite, entend « renforcer la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la formation continue et du perfectionnement des cadres de l’administration malgache ». Selon la diplomatie malgache, ce partenariat s’inscrit dans la volonté de redynamiser les relations historiques entre Antananarivo et Moscou, tout en développant les compétences des responsables malgaches face aux défis croissants des relations internationales.
Le choix du MGIMO n’est pas anodin
Fondée en 1944, cette institution est considérée comme le fleuron de la formation diplomatique russe. Parmi ses anciens étudiants figure notamment l’actuel ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, figure centrale de la politique extérieure du Kremlin depuis plus de vingt ans. Le MGIMO a formé plusieurs générations de diplomates, d’experts en relations internationales et de hauts responsables publics issus de Russie et des pays partenaires du Kremlin. Au-delà de la symbolique, l’accord ouvre la voie à des échanges académiques, des programmes de spécialisation et des formations destinées aux cadres malgaches. Une perspective qui s’inscrit dans la stratégie d’ouverture internationale poursuivie par les autorités malgaches. D’ailleurs, cette nouvelle orientation intervient alors que Madagascar dispose déjà de partenariats de formation avec des institutions occidentales. Le ministère des Affaires étrangères bénéficie notamment d’une coopération avec l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris, qui contribue depuis quelques années au renforcement des capacités des diplomates et des cadres du département.
Moscou avait également proposé, à l’administration malgache, des programmes de formation destinés aux fonctionnaires malgaches dans des domaines sensibles tels que l’information et la communication, ou encore la gestion électorale. Des secteurs dans lesquels l’expertise russe fait régulièrement l’objet de critiques dans plusieurs pays occidentaux et au sein d’organisations internationales, notamment en raison des controverses liées à la gouvernance de l’information, à la désinformation numérique et aux processus électoraux. L’enjeu pour Antananarivo sera désormais de tirer profit de ces différentes offres de coopération sans se retrouver au cœur des rivalités géopolitiques qui opposent aujourd’hui les grandes puissances.
Rija R.


