Le froid est là. Bien là. Un froid de canard ou de loup, quoique ni l’un ni l’autre ne soit un animal à sang froid. Qu’importe, la chute de température a au moins le mérite de réduire, un tant soit peu, les conséquences de la rupture de la chaîne du froid due au retour du délestage tournant. Ce qui n’est pas pour faire chaud au cœur des usagers, depuis longtemps en froid avec la Jirama.
Vague de froid
Tantôt adjectif, tantôt adverbe, le mot froid peut être utilisé dans tous les sens et assaisonné à toutes les sauces. Tout particulièrement en cette période hivernale où les plus vulnérables pourraient facilement prendre froid. Au risque de donner des sueurs froides à leurs proches, qui doivent avoir du sang-froid pour faire face à la situation. Mais aussi et surtout garder la tête froide afin d’éviter d’être pris au dépourvu, comme la cigale « quand la bise fut venue ». C’est-à-dire quand le thermomètre frôle les 0°C, le point de congélation de l’eau, qui a failli être atteint justement dans la Ville d’Eaux. Cueillant à froid la population locale ainsi que les visiteurs de passage, qui scrutaient le sommet de l’Ankaratra pour déceler une hypothétique couche de neige. Un paysage aux couleurs froides qui ne jette pas pour autant un froid au sein du microcosme régional. Contrairement à l’échelle nationale, où la vengeance politique est un plat qui se mange froid. Un règlement de comptes glaçant dont le degré donne souvent froid dans le dos. Et ce, avec la série de perquisitions, d’arrestations et d’incarcérations qui sont, la plupart du temps, opérées à froid. Sans trêve hivernale. À l’image des membres de la nouvelle Nomenklatura, qui donnent l’impression de souffler le chaud et le froid. Certains n’hésitant pas à retourner leurs paletots réversibles au gré des saisons. Au milieu de cette vague de froid, au sens politique du terme, le fait est assez rare pour être signalé : il y a ceux et celles qui ont les mains froides et le cœur chaud. En été comme en hiver.
R.O


