
Le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 poursuit son parcours institutionnel. Le texte a été voté, avec amendements, à l’Assemblée nationale le 22 juin, après de longs débats en séance plénière.
Pour le Gouvernement, les échanges étaient essentiels, les députés étant appelés à porter les préoccupations et les attentes de la population. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, l’esprit de ce PLFR repose sur trois piliers : l’équité, la prise en compte des aspirations sociales et la relance économique. Le texte entend d’abord apporter des réponses concrètes sur le plan social. L’intégration d’une indemnité de logement de 200 000 ariary au bénéfice des fonctionnaires s’inscrit dans cette logique. Dans un contexte marqué par la pression sur le pouvoir d’achat, cette mesure vise à soutenir les agents de l’État et à atténuer certaines difficultés du quotidien. Le Gouvernement estime que des inégalités sociales non traitées peuvent nourrir la frustration, fragiliser la cohésion nationale et devenir un facteur d’instabilité.
Équité. Sur le volet fiscal, le PLFR 2026 met en avant le principe d’une contribution plus juste. Certaines mesures ciblent notamment les produits de luxe, dont l’importation profite surtout aux ménages les plus aisés, tout en pesant sur les réserves en devises. L’objectif affiché n’est pas de freiner l’activité économique, mais de mieux répartir l’effort fiscal en fonction des capacités contributives réelles et des priorités nationales. La protection de la production locale constitue également un axe fort du texte. La taxation de la friperie est présentée comme une mesure économique et sociale destinée à soutenir les filières productives nationales. L’entrée massive de textiles de seconde main a, au fil des années, affaibli l’industrie locale, entraîné la fermeture de plusieurs unités de production et fragilisé la filière coton. Le PLFR entend ainsi créer un environnement plus favorable aux PME, à la production locale et à l’emploi.
Issue. Le texte prévoit aussi une approche plus incitative dans certains secteurs. Pour la bière locale, le projet de loi a proposé une baisse de la taxation minimale par litre, reposant sur des critères de performance. Elle devrait s’accompagner d’une intensification des activités, d’une hausse des recettes et d’un effet d’entraînement sur le monde rural. Mais cette partie a été amendée par les députés, qui veulent maintenir la taxation minimale à 850 Ar par litre. Dans les télécommunications, les discussions ont porté sur des engagements en matière de contribution fiscale globale et de baisse du prix de l’Internet. Mais les députés ont également évoqué un taux d’imposition qui devrait être à 8 %, tout comme dans le cas de la télévision à péage. Cependant, le PLFR 2026 confirme la priorité accordée aux investissements structurants dans l’eau, l’électricité, les routes et les infrastructures sociales et économiques. À travers ce texte, le Gouvernement défend une politique budgétaire plus responsable, où les incitations fiscales devront désormais être justifiées par leur impact réel sur l’économie, l’emploi et l’intérêt général. Bref, après des échanges nourris et plusieurs réserves exprimées en début de séance, les précisions du ministre sur l’esprit et les orientations du PLFR ont permis de rapprocher les positions et d’aboutir à l’adoption du texte.
Antsa R.


