
Le cas malgache est au menu d’un sommet extraordinaire de la SADC qui va se tenir en ligne aujourd’hui.
La crise malgache revient au premier plan de l’agenda régional. Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réuniront ce lundi 29 juin, par visioconférence, dans le cadre d’un sommet extraordinaire consacré notamment à la situation politique et sécuritaire à Madagascar. Prévue à 17 heures (heure du Botswana), donc 16 heures à Madagascar, cette rencontre sera présidée par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, à la fois président en exercice de la SADC. Les dirigeants des seize États membres examineront, à cet effet, l’évolution de la crise malgache sur la base du rapport présenté par l’Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité, chargé du suivi des questions de stabilité dans la région.
Cette réunion intervient dans un contexte où la transition politique engagée à Madagascar depuis octobre 2025 demeure sous haute surveillance des partenaires régionaux. En inscrivant le dossier malgache à l’ordre du jour d’un sommet extraordinaire, la SADC réaffirme que la stabilité de la Grande Île constitue un enjeu majeur pour l’ensemble de l’Afrique australe. Instance suprême de décision du bloc régional, faut-il le rappeler, le sommet de la SADC rassemble les chefs d’État et de gouvernement afin de définir les grandes orientations de l’organisation en matière d’intégration régionale, de développement économique ainsi que de coopération pour la paix et la sécurité. Les conclusions de cette réunion pourraient ainsi peser sur la suite du processus politique malgache et sur les relations entre Antananarivo et ses partenaires de la région. En tout cas, le gouvernement malgache a déjà présenté aux dirigeants de la SADC, fin février dernier, un calendrier indicatif de la résolution de la crise actuelle dans le pays, dont l’organisation de la prochaine élection présidentielle constituera un point d’orgue de l’agenda.
État de droit
Les regards sont déjà tournés vers le prochain sommet ordinaire de la SADC, prévu en août 2026 en Afrique du Sud. La participation du chef de l’État malgache, le colonel Michaël Randrianirina, demeure au cœur des interrogations diplomatiques, alors que la reconnaissance et l’accompagnement de la transition par les organisations régionales restent des sujets sensibles. Les relations entre Pretoria et les nouvelles autorités malgaches font d’ailleurs l’objet d’une attention particulière depuis la rencontre du 16 janvier dernier entre Michaël Randrianirina et Cyril Ramaphosa à Mahlamba Ndlopfu, résidence officielle du président sud-africain à Pretoria. À l’issue de cet entretien, la présidence sud-africaine avait réaffirmé son attachement à une « résolution pacifique de la situation, fondée sur la démocratie, l’État de droit et le développement durable », fixant ainsi les principes qui continuent de guider la position de la première puissance de la région sur le dossier malgache. Le sommet extraordinaire de ce lundi devrait ainsi permettre de mesurer le degré d’implication de la SADC dans la recherche d’une issue politique durable à Madagascar, à quelques semaines d’un rendez-vous régional qui pourrait s’avérer décisif pour l’avenir diplomatique et institutionnel de la Grande île.
Rija R.




