
Vendredi, les députés dresseront le bilan de leurs travaux et mettront en avant les lois adoptées au cours des deux derniers mois.
Les députés s’apprêtent à refermer les portes de la session ordinaire du Parlement sans avoir examiné des textes pourtant présentés comme essentiels à la refondation de l’État. Vendredi 3 juillet, la clôture officielle des travaux à Tsimbazaza marquera la fin des soixante jours prévus par la Constitution. Si les discours de satisfaction et les traditionnels bilans des « zava-bita » seront au rendez-vous, plusieurs réformes majeures resteront, elles, dans les tiroirs. Depuis plusieurs jours déjà, les élus ont progressivement quitté Tsimbazaza à l’approche des festivités de la fête nationale. Les travaux législatifs sont pratiquement achevés et le prochain rendez-vous majeur sera, pour eux, la clôture officielle de ce vendredi.
Mais derrière le cérémonial de clôture se cache un constat plus embarrassant. Des projets de loi n’ont jamais franchi l’étape de l’examen parlementaire. Le premier grand absent du calendrier législatif est le projet de loi n°017/2025 sur l’accès à l’information à caractère public. Déposé à l’Assemblée nationale le 28 mai dernier, ce texte devait constituer une avancée majeure pour la transparence administrative et le droit des citoyens à accéder aux informations détenues par les institutions publiques. Pourtant, les députés ont préféré repousser son examen, sans véritable explication publique. Une réforme pourtant annoncée comme un pilier de la modernisation de l’État est renvoyée à une date indéterminée.
À Tsimbazaza, le texte semble désormais voué aux oubliettes. Plus encore, les parlementaires ont évité d’ouvrir le débat sur un dispositif qui aurait pourtant permis de lever une partie du voile sur le fonctionnement de l’administration publique. Face à ce recul, le silence du gouvernement intrigue tout autant. Le ministère de la Communication et de la Culture est resté muet sur cette décision parlementaire. Une discrétion qui contraste avec les nombreux discours officiels appelant à la refondation des institutions et à une gouvernance plus transparente. Pour plusieurs observateurs, cette réticence des députés ne serait d’ailleurs pas étrangère à la volonté de l’exécutif, peu pressé de voir entrer en vigueur un texte susceptible d’imposer davantage d’ouverture dans la gestion des affaires publiques.
Autre réforme laissée en suspens : l’amendement de la loi sur la communication médiatisée. Contrairement aux attentes, le projet n’a même jamais été inscrit à l’ordre du jour de la session parlementaire. Pourtant, le processus préparatoire semblait largement engagé. Durant plusieurs mois, des consultations régionales ont réuni journalistes, professionnels des médias et acteurs de la communication afin d’améliorer une loi qui avait suscité de vives controverses lors de son adoption. Un comité de spécialistes avait été constitué pour élaborer une nouvelle mouture plus consensuelle et mieux adaptée aux réalités du secteur. Selon des sources proches du dossier, cette version amendée aurait déjà été transmise au ministère de la Communication et de la Culture. Mais le gouvernement n’a finalement jamais enclenché le processus législatif permettant son examen par les députés avant la fin de la session. Ce nouveau report nourrit les interrogations sur la volonté réelle des autorités de concrétiser les réformes régulièrement promises. Alors que le discours officiel multiplie les références au « fanavaozana » et à la transformation des institutions, des textes emblématiques de cette ambition resteront finalement absents du bilan législatif de cette session ordinaire.
Rija R.





