

Le télé-crochet « Fanilo Voice » a signé le retour réussi de ce genre d’évènement à l’Ilo Hotel, à Anosiala, couronnant le talentueux Oncle Si lors d’une première édition riche en émotions. Une tournée nationale et la création d’une académie pour professionnaliser les futurs talents malgaches seront bientôt mises en place.
Depuis quelques années, les télé-crochets musicaux ont été presque rayés du paysage musical malgache. En deux semaines d’organisation tambour battant, « Fanilo Voice », organisé par l’Ilo Hotel à Anosiala, Ambohidratrimo, a permis de remettre au goût du jour ce type d’évènement. Découvertes, passions, talents et larmes justifiées se mêlent sous les cordes vocales des participants et participantes. Pour cette première édition, la première place et un chèque de 5 millions d’ariary ont été décernés à Oncle Si. Une voix d’une polyvalence et d’une souplesse inouïes, autant lorsqu’il chante la ballade enivrante « Pilofasy » de Rah Ckicky que lorsqu’il rappe sur « Anjanamasina » de 18.3. Sa victoire se dessinait dès les quarts de finale de samedi.
« Fanilo Voice » a rassemblé trois coaches : Germain Randrianarisoa, ou Rajery, Christian Andrianjanaka, membre fondateur du groupe Salala, et Rija Harinjaka, reconnu après avoir brillé à un concours de télé-crochet. Ce trio trouvait rarement à redire à chaque prestation du gagnant. En quelque sorte, une victoire unanime et méritée.
Pour le bilan de cette première édition, Manantsoa Ratsimbazafy, porte-parole de l’équipe d’organisation de l’Ilo Hotel, avance déjà les perspectives. « C’est sûr, il y aura une seconde édition. Ces jeunes feront une tournée nationale et le concours Fanilo Voice sera élargi dans les autres régions », avance-t-il. Fanilo Voice Academy sera aussi mise en place dans les jours à venir.
Pour les coachs, le constat est plus technique. « Il y a une certaine influence de la manière de chanter moderne qui est ancrée dans la manière de chanter, en général, des jeunes Malgaches. Pour la suite, c’est à nous de les inciter à sortir leur vraie personnalité », souligne Christian Andrianjanaka. Il a bien raison : chez les candidates, cette texture féline, cette tendance à crier juste, cette manière d’enrober les voyelles… sont devenues des standards partagés. Une petite remarque : les pépins techniques commençaient parfois au début de chaque interprétation. Quelques candidats et candidates ont été pénalisés par ces petits couacs, qui suffisaient ensuite à les déconcentrer durant la prestation. Des petits points à améliorer. À part cela, il était temps qu’une organisation relance ce genre d’évènement.
Pour les chanteurs en herbe, c’est une opportunité offerte sur un plateau. Comme Matteo Landry Randrianarivelo : « En fait, je n’ai pas trop pensé à la récompense pour ce concours, je voulais juste chanter », confie-t-il. Il a disputé la catégorie « Kids » avec Anna, un phénomène de la scène. Ces deux gamins démontrent que les Malgaches ont la musique dans le sang. L’association des journalistes culturels « Sorakanto » a aussi récompensé une candidate au talent éprouvé. Ny Aina a fait preuve d’originalité et d’une ténacité digne d’une professionnelle. Bien qu’elle n’ait pas accédé au top 3 de « Fanilo Voice », elle a un champ immense à exploiter dans les futures années.
Maminirina Rado





