
Le rapport mondial sur la drogue 2026 des Nations unies confirme une mutation profonde du trafic mondial de stupéfiants, marqué par l’essor des drogues synthétiques et la diversification des routes.
Madagascar apparaît de plus en plus comme un maillon stratégique dans l’océan Indien, au croisement des flux entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Sa position géographique, longtemps perçue comme périphérique, devient aujourd’hui un atout pour les réseaux criminels qui cherchent à contourner les axes traditionnels de surveillance. Les récentes opérations menées dans la région de l’océan Indien illustrent cette dynamique. En octobre 2025, plus d’une tonne de méthamphétamine a été interceptée en mer lors d’une opération conjointe impliquant des centres régionaux basés notamment à Madagascar et dans les îles sœurs. Quelques mois plus tôt, plus de 1,5 tonne de drogues, dont de l’héroïne et de la méthamphétamine, avaient été saisies dans l’ouest de l’Océan Indien.
Vulnérable
À l’échelle nationale, des affaires récentes confirment l’existence de réseaux internationaux structurés transitant par la Grande Île. Ces flux témoignent d’une professionnalisation croissante des trafiquants, capables d’exploiter les failles logistiques et institutionnelles. Le rapport mondial souligne également l’expansion rapide des drogues de synthèse, plus faciles à produire et à transporter. Cette évolution représente un risque majeur pour Madagascar, dont les capacités de contrôle maritime restent limitées. Elle s’accompagne aussi d’un changement de nature du trafic, moins dépendant des cultures illicites et davantage ancré dans des circuits industriels clandestins. Longtemps simple zone de transit, le pays voit désormais émerger un marché local, alimenté par ces nouvelles substances (cas des rôrô qui pullulent dans les zones urbaines). Cette transition accroît les risques sanitaires et sociaux, notamment chez les jeunes. La situation appelle, d’un côté, au renforcement urgent des dispositifs de surveillance et de coopération régionale et, de l’autre, au renforcement des organismes nationaux de lutte contre la drogue… du moins, ce qu’il en reste après les suppressions successives d’entités initiées par le désormais pouvoir déchu.
José Belalahy





