
Gouvernement – Parlement : Les priorités économiques de la Refondation mises en avant
Sans véritablement figurer parmi les leaders continentaux, Madagascar s’impose progressivement comme l’un des marchés émergents les plus dynamiques en matière d’utilisation du transfert d’argent par mobile.
La Grande île est en effet classée parmi les 15 pays africains du mobile money. Tiré du dernier rapport de la Global System for Mobile Communications (GSMA), croisé avec les données de la Banque mondiale (Global Findex), des banques centrales et des études régionales, ce classement indicatif (il n’y a pas encore de classement officiel) démontre que le pays poursuit son essor en Afrique, en figurant parmi les marchés les plus prometteurs du continent.
Performance encourageante
Madagascar reste cependant en retrait par rapport aux pays africains les plus performants comme le Kenya, le Ghana, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Zimbabwe, le Malawi et le Mozambique. Le pays se trouve, par contre, devant d’autres nations africaines émergentes comme le Bénin, le Togo, le Burkina Faso et le Nigéria. La performance encourageante du pays est notamment portée par les services proposés par MVola, Orange Money et Airtel Money. La Grande île affiche, en tout cas, une progression continue des transferts d’argent, des paiements de factures, des achats auprès des commerçants et des transferts entre particuliers. Sur la base des indicateurs disponibles, Madagascar peut être situé autour de la 13e à la 16e place en Afrique en matière de développement du mobile money, même si aucun classement officiel par pays n’est publié par la GSMA.
Porte d’entrée
Les effets socioéconomiques du secteur du mobile money sont perceptibles aussi bien en milieu urbain que rural. Dans les zones rurales, où les agences bancaires sont peu nombreuses, le téléphone portable devient une véritable porte d’entrée vers les services financiers. Les ménages peuvent recevoir de l’argent instantanément, régler leurs dépenses courantes, épargner ou faire face plus facilement aux imprévus, renforçant ainsi leur résilience économique. Les petites et moyennes entreprises bénéficient également de cette transformation. Les paiements numériques réduisent les risques liés à la manipulation d’espèces, accélèrent les échanges commerciaux et facilitent la gestion quotidienne des activités économiques. Les commerçants disposent désormais d’un moyen de paiement plus rapide, plus sécurisé et mieux adapté aux nouvelles habitudes des consommateurs. Les experts soulignent aussi que le mobile money constitue un puissant facteur d’inclusion sociale. Les femmes, les jeunes entrepreneurs et les populations rurales, longtemps éloignés du système bancaire traditionnel, accèdent désormais plus facilement aux services financiers. Cette évolution contribue à réduire les inégalités et favorise le développement d’une économie plus inclusive.
Potentiel important
Pour Madagascar, les perspectives restent particulièrement favorables. Avec une bancarisation encore limitée mais une forte pénétration du téléphone mobile, le pays dispose d’un potentiel important pour accélérer la digitalisation de son économie. Les spécialistes estiment que le mobile money jouera un rôle croissant dans le développement du commerce, le versement des aides sociales, la collecte des recettes publiques et l’inclusion financière des populations les plus vulnérables. À mesure que les services numériques se généralisent, le mobile money ne représente plus seulement un moyen de transfert d’argent. Il devient un véritable moteur de transformation économique, capable de stimuler la croissance, de créer des emplois et de rapprocher les services financiers des millions d’Africains encore exclus du système bancaire traditionnel.
R.Edmond.





