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mardi, septembre 1, 2026
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Chefs Fokontany : Désignation contestée, élection réclamée

Les manifestants ont cloué les portes du bureau de Fokontany d’Ambodizozoro (Ampitatafika).

Bien que les contestations ne touchent pas encore la totalité des 192 fokontany de la capitale, les grognes commencent sérieusement à se faire entendre à travers la Ville des Mille. Une frange importante de la population reste farouchement hostile à la désignation directe des chefs de fokontany par le pouvoir central et exige, à cor et à cri, la tenue d’élections démocratiques.

Alors que les échos de la fronde de 2025 résonnent encore, portée par une « Gen Z » réclamant un renouvellement démocratique à la base, l’Exécutif s’attire aujourd’hui les foudres des administrés. En imposant la désignation directe sous couvert d’attendre la tenue de la Concertation nationale, le pouvoir central a ravivé les tensions. Dans les quartiers, une résistance s’organise face à ce choix de l’administration. En conséquence, depuis quelques jours, Antananarivo et plusieurs localités de l’île traversent une zone de turbulences inédite, rythmée par un mécontentement grandissant. Le ton monte d’un cran. Pas plus tard qu’hier, plusieurs fokontany de la capitale, Antananarivo, ont été le théâtre de vives tensions.

Coup de force

Au niveau du fokontany de Morarano, l’intention de limoger le chef de quartier actuel a immédiatement mis le feu aux poudres. Selon son adjoint, les administrés font bloc derrière leur dirigeant et s’apprêtent à mener des actions d’envergure pour exprimer leur désapprobation face à ce « coup de force administratif ». Le scénario s’avère encore plus électrique du côté de Tsaramasay, dans le IIIe arrondissement. La stupeur a rapidement fait place à la révolte lorsque la population a découvert qu’un partisan de l’ancien président de la République avait été désigné d’office. Pourtant, le député et les habitants de la localité avaient proposé une autre figure. Se sentant totalement ignorés, les résidents refusent que ce nouveau chef imposé prenne ses fonctions. Exigeant la fermeture immédiate du bureau, ils engagent un bras de fer qui s’installe désormais dans la durée.

Injuste

À Antohomadinika Sud IVO III H, dans le Premier Arrondissement, la situation reste tout aussi explosive. Les habitants n’acceptent pas le remplacement de leur dirigeant. Selon eux, l’ancien chef a abattu un travail considérable et restait très proche de la population ; sa révocation soudaine est jugée profondément injuste. En face, le nouveau responsable désigné met en avant un document juridique officiel et affirme haut et fort que le transfert de leadership a été acté samedi. Le climat n’est guère plus serein en périphérie. À Ambodizozoro (Ampitatafika), la contestation a pris une tournure spectaculaire : les manifestants ont tout simplement cloué les portes du bureau. Au-delà de la nomination, ce sont les litiges fonciers récurrents au sein du fokontany qui attisent la colère. Cette crise de légitimité tend à se généraliser, puisque des zones comme Andranonahoatra ou de grands chefs-lieux comme Toamasina traversent la même tempête.

Échéances électorales

Pour une grande partie des habitants, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une manœuvre politique en vue des prochaines échéances électorales. L’enjeu est de taille : nul n’ignore le rôle hautement stratégique de ces chefs de quartier lors des scrutins. En confiant ces nominations au ministère de l’Intérieur, sous l’autorité directe des chefs de district, l’exécutif est accusé de balayer la neutralité de l’administration de proximité. Pour beaucoup, c’est une préparation de terrain en règle. Par une note officielle datée du 9 avril, le ministère a enclenché la machine : préfets et chefs de district ont reçu des instructions fermes pour installer les « comités de fokontany ». Ces structures de base seront dirigées par un chef et un adjoint nommés par arrêté des représentants de l’État. Au-delà de la méthode, c’est le profil des promus qui cristallise la colère. Qualifiés de «parachutés », ces responsables tombent de nulle part et ne résident même pas dans le fokontany qu’ils doivent diriger. Un manque de considération flagrant pour les riverains. « Pour éviter les grèves, il vaudrait mieux laisser le peuple élire celui qu’il souhaite voir le diriger », peste un habitant. Le message est clair.

Julien R.

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