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mardi, septembre 1, 2026
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Financement du développement : Le président de la BAD appelle à plus de flexibilité pour l’Afrique

Le président du Groupe de la BAD appelle le FMI et la Banque mondiale à être plus souples face aux crises subies par les pays d’Afrique.

L’Afrique ne peut plus être traitée comme si elle évoluait dans un contexte économique normal. C’est, en substance, le message porté par le Dr Sidi Ould Tah, président de la BAD, dans le cadre de l’African Caucus 2026, qui se tient à Banjul, en Gambie.

Devant les gouverneurs africains auprès du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, le président du Groupe de la BAD (Banque africaine de développement) a appelé la communauté financière internationale à apporter un soutien à la hauteur des circonstances exceptionnelles traversées par le continent. Ces dernières années, l’Afrique a été frappée de plein fouet par une succession de chocs majeurs : la pandémie de Covid-19, les conséquences de la guerre en Ukraine, ainsi que les tensions au Moyen-Orient et dans le Golfe. Autant de crises qui ont pesé sur les finances publiques, renchéri les importations, aggravé les pressions inflationnistes et réduit les marges budgétaires des États. Pour le Dr Sidi Ould Tah, les institutions de Bretton Woods, notamment le FMI et la Banque mondiale, doivent tenir compte de cette réalité dans leur accompagnement des pays africains. L’enjeu est de permettre aux États de poursuivre leurs efforts de transformation économique sans être enfermés dans des cadres trop rigides, au moment même où les besoins sociaux, climatiques et infrastructurels explosent.

Chocs à amortir. Le cas de Madagascar illustre cette vulnérabilité accrue. En plus des chocs mondiaux, la Grande Île a également subi deux cyclones successifs au cours de cette saison cyclonique. Ces aléas climatiques ont entraîné des dégâts humains, matériels et économiques importants, accentuant la pression sur les finances publiques et sur les capacités de relèvement des populations. Pour un pays déjà confronté à des besoins élevés en infrastructures, en énergie, en agriculture, en éducation et en protection sociale, chaque catastrophe naturelle réduit davantage l’espace disponible pour investir dans le développement. L’appel de la BAD rejoint ainsi une préoccupation largement partagée par les pays africains : obtenir des mécanismes de financement plus souples, plus rapides et mieux adaptés aux réalités du continent. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter les volumes de financement, mais aussi de revoir les conditions, les délais de décaissement et les instruments mis à disposition des États. À Banjul, l’Afrique entend ainsi parler d’une même voix. Face aux crises successives, le continent plaide pour un partenariat financier plus réactif, capable d’accompagner la résilience, la reconstruction et la transformation structurelle.

Antsa R.

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