
Ce n’est pas la première fois que les universités de Madagascar organisent des colloques, des conférences-débats menant de profondes réflexions sur la situation de Madagascar.
Chaque date est importante, et chaque commémoration interpelle les érudits malgaches. D’Antsiranana à Toliara en passant par Antananarivo, les enseignants-chercheurs essaient d’éveiller la conscience nationale à leur manière. L’économie, la sociologie, les mathématiques et la physique, ainsi que l’histoire et la philosophie, sont des disciplines évolutives permettant aux étudiants de cerner leur utilité dans la vie quotidienne. Bien que les événements soient hébergés dans les amphithéâtres, ils sont ouverts au grand public. En revanche, celui-ci, lassé par la vie quotidienne, ne pense pas à dépenser le moindre frais pour écouter les solutions proposées par les professeurs, et c’est tout à fait compréhensible. Hormis la présence de l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur à certaines manifestations scientifiques et la distinction honorifique livrée à deux historiens par le ministre de la Communication et de la Culture, suite à la publication de deux livres, « Le régime de transition à Madagascar de 1972 à 1975 » et « Madagascar sous la Deuxième République 1975-1992 », initiative louable, bien entendu, les responsables étatiques semblent ignorer l’importance des recherches des enseignants-chercheurs. Le régime actuel fait des efforts, certes, mais ces efforts demeurent maigres vu l’état des choses. Combien de fois faut-il rappeler que ces « profs » prêchent dans le désert ? Le défunt Pr Ramaroson et son collègue-ami, Pr Jean-Marie Razafimahenina, ont fait leurs preuves mais, hélas, le premier a été omis.
L’Université n’est-elle pas le cerveau d’une ville, d’une région, voire d’une nation tout entière ! Oui, le ministère concerné fait de feu de tout bois pour améliorer, rehausser la qualité de l’enseignement. Les résultats ne touchent toutefois que dans une sphère restreinte. La MABDSM, ou Méthode d’Analyse des Bibliothèques Discursives et Sonores Malgaches, de l’anthropologue Dr Claudio Karany Andriantsaigny, une approche visant à renouveler les pratiques anthropologiques en intégrant les productions orales et sonores contemporaines au cœur de la recherche scientifique, publiée dans le cahier culture du journal Midi Madagasikara n⁰ 12 970 le vendredi 19 juin dernier, démontre un engagement scientifique de la part d’un enseignant contractuel dévoué et surtout passionné. Jusqu’ici, cette tête pensante n’a reçu aucun appel des autorités. Il n’est pas étonnant si les compatriotes quittent le pays dans l’optique d’exposer leurs fruits de recherches au-delà des frontières malgaches. « Là-bas, on se sent considéré », a lâché un économiste.
Iss Heridiny





