Grogne des usagers de la route ces derniers temps face à la mesure draconienne sur les macadams. Plus qu’une fouille des papiers des véhicules, les agents, munis d’armes de guerre, vont jusqu’à inspecter l’intérieur des voitures : dessous des sièges, coffre et toutes les parties qui leur conviennent. Une procédure que les automobilistes trouvent vide de sens en l’absence de mandat de perquisition. Sans infraction ni flagrance, cette pratique, devenue banale sur les routes de la capitale, est en passe d’enfreindre l’État de droit. Pire encore, certains hommes en treillis prennent en photo les chauffeurs et les voitures d’autrui.
Comme c’était le cas sur le boulevard du By-Pass hier, sans motif aucun, des éléments de la gendarmerie sortent le jeune conducteur du véhicule, fouillent la voiture et prennent tout en photo. Le chauffeur, visiblement terrorisé, n’a rien compris à ce qui lui arrive. Une scène pareille revient presque tout au long des 264 kms de routes goudronnées de la Ville des Milles, au point que conduire sa propre voiture devient une source de terreur. Les vitres teintées aussi sont soumises à mille et un problèmes. Les agents demandent l’autorisation de vitres fumées et, à défaut de paperasse administrative, il n’y a aucun ménagement possible. Et dire que les 20 000 et quelques véhicules importés (majoritairement de la Corée) annuellement sont teintées d’origine : il sera difficile de réguler la situation.
La solution n’est sûrement pas cette approche manu militari, comme vécue ces derniers jours. La grogne des automobilistes se ressent sur toute la ligne : ils partagent le même sentiment de terreur face aux éléments armés, les traitant comme des ennemis. Quid de la compétence de nos polices judiciaires ? La question se pose aussi dans un contexte où la recherche de renseignements est primordiale pour trouver les auteurs des crimes en série, et non pour mettre tout le monde dans le même sac avec une démonstration de force qui nuit aux libertés fondamentales, dont la liberté de circuler. Le pays n’est pas en état d’urgence ni en état de siège ; un certain ménagement des mesures est attendu par les usagers de la route.
D.R





y sont devenu fou ma parole !!!!