
Son audition auprès de la Brigade des Recherches Criminelles à Fiadanana a duré plus de quatre heures. Ismaël Razafinarivo a ensuite pu regagner librement son domicile.
La liberté d’expression en danger
L’information principale de la journée d’hier a été la convocation du directeur de la publication de la Radio Antsiva, Ismaël Razafinarivo, par la Brigade des Recherches Criminelles à Fiadanana. Une poursuite judiciaire qui a suscité l’indignation de la population, particulièrement des fervents auditeurs de la Radio Antsiva. D’après les informations, le président de la Haute Cour constitutionnelle, Florent Rakotoarisoa, serait à l’origine de la plainte contre ce journaliste, considéré comme l’un des chroniqueurs politiques chevronnés à Madagascar. Son émission « Ny Marina » figure parmi les émissions les plus suivies du moment. Diffamation publique par voie de presse, diffusion de fausses nouvelles, outrage à magistrat et incitation à la haine : tels sont les chefs d’inculpation qui pèsent contre ce responsable de la Radio Antsiva. A priori, le journaliste aurait abordé, dans son analyse, l’affaire liée à la délibération des juges constitutionnels à Ambohidahy, à la suite d’une plainte déposée par un parlementaire indépendant en vue de la destitution du colonel Michaël Randrianirina de son poste de président de la Refondation. Les accusations qui pèsent contre le chroniqueur de la Radio Antsiva sont très graves et risquent d’engendrer des sanctions pénales allant jusqu’à l’emprisonnement. En effet, les chefs d’inculpation cités plus haut sortent du cadre de la pratique journalistique, c’est-à-dire qu’ils ne figurent pas parmi les faits pouvant être classés comme délits de presse.
Consignes
Un autre détail intrigue dans cette affaire. Consignes venues d’en haut ou simple hasard du calendrier ? En tout cas, cette convocation du directeur de publication de la Radio Antsiva intervient au lendemain de la déclaration du président de la Refondation, Michaël Randrianirina. En marge d’un déplacement aux côtés de plusieurs membres du gouvernement afin de présenter leurs condoléances aux familles endeuillées à la suite de la série d’enlèvements et d’assassinats d’enfants et de jeunes dans plusieurs quartiers de la capitale, le chef de l’État avait ouvertement pointé du doigt quelques médias audiovisuels. Ces derniers qui, selon lui, « sont les premiers à relayer les informations liées aux enlèvements et assassinats d’enfants » survenus ces dernières semaines. Il est même allé jusqu’à s’interroger sur le fait que ces médias seraient « les complices des commanditaires car apparemment, ils se réjouissent de ces drames ». D’aucuns n’ignorent pourtant que la course à l’actualité ainsi qu’à la primeur des informations figurent parmi les règles du journalisme à l’heure de la montée en puissance des réseaux sociaux. Il est aussi important de souligner que ce dossier n’est en aucun cas lié à l’affaire des enlèvements et assassinats d’enfants qui défraye la chronique en ce moment.
Mauvaises pratiques du passé
Force est de constater que les poursuites judiciaires contre les journalistes reprennent donc de plus belle. Une pratique courante des anciens régimes, qui a déjà été décriée à maintes reprises par les professionnels des médias, mais qui est cependant en train d’être reproduite par les autorités de la Refondation. Un régime qui, en principe, devait initialement procéder à une rupture totale avec les mauvaises pratiques du passé, incluant les différentes formes d’entraves aux libertés d’expression et de presse. Aux dernières nouvelles, notre confrère Ismaël Razafinarivo a pu quitter librement la Brigade des Recherches à l’issue de plus de quatre heures d’enquête. Pas de garde à vue prononcée donc à son encontre. Cependant, Andry Rakoto, président du CTOJM, qui était aux côtés du prévenu tout au long de la procédure, a déclaré qu’il y aura forcément une suite à cette affaire. Une allusion, certainement, à un probable déferrement. Dans un communiqué publié hier en début de soirée, l’Association des chroniqueurs politiques a rappelé la loi 2020-06 relative à la communication médiatisée, consacrée à la dépénalisation des délits de presse. Tout en exprimant son entière solidarité envers le DIRPUB de la Radio Antsiva, l’ACHROPOL affirme aussi qu’elle suit l’évolution de cette affaire avec la plus grande vigilance. Histoire à suivre.
Davis R





Le CORPORATISME répugnant des journaleux de la place . Inutile de préciser que cette station radio appartient à un patron de presse très proche du parrain Mamy Ravatomanga et de Rainilainga . Mitterand a bien décrit les » chiens » dans ce métier !
Cet individu sensé connaitre la loi et la constitution avait pourtant donné son aval pour que Rajoelina puisse se présenter à l’élection présidentielle en dépit de sa nationalité étrangère.
Il a défendu sa chaise en faisant un deal avec le colonel tout aussi voyou que Rajoelina. Bref, entre voyous, on se rend des services.