Selon les informations, un gendarme au grade de capitaine et une vingtaine d’éléments cagoulés ont participé à l’opération.
État de non-droit
Ce qui s’est passé à Ambohibao Antehiroka jeudi dernier risque de ternir l’image du régime en place. Pour le moment, aucune arrestation n’a été effectuée après la perquisition menée jeudi dernier au domicile d’un ressortissant chinois. En tout cas, les citoyens malagasy attendent un rebondissement, ne serait-ce que pour savoir s’il y a eu prise de responsabilité afin de sanctionner ceux qui ont participé à cette opération. L’un des auteurs, qui se serait présenté en tant que conseiller technique du PRRM, s’est exprimé, à visage découvert, sur les réseaux sociaux, en justifiant son acte par le patriotisme. À entendre ce jeune militant, après avoir reçu des renseignements annonçant l’existence de Chinois en situation irrégulière, ils auraient décidé d’agir au nom de l’intérêt général et pour la Patrie. Selon les informations, parmi ceux qui ont participé à cette descente figurent un gendarme au grade de capitaine et une vingtaine d’éléments cagoulés et armés. Leurs visages ont fait le tour des réseaux sociaux, suite à une vidéo filmée discrètement par les occupants de la résidence. Aucun mandat officiel n’a été présenté, affirment les propriétaires. Par ailleurs, dans cette vidéo, on entend clairement l’un des auteurs de cette perquisition illégale expliquer que l’argent et les objets de valeur saisis durant l’opération avaient été amenés à Iavoloha. Ce dernier évoque également l’existence d’un « chef » et avait cité ouvertement le président de la Refondation pour intimider les victimes. Mais nul n’ignore que derrière cette affaire, il est peut-être question d’abus de pouvoir, d’usurpation de titre et de fonction et de vol. Des faits très graves qui pourraient engendrer des sanctions sévères, surtout pour les éléments des Forces de l’ordre qui étaient présents sur les lieux. D’autant plus qu’en essayant de se justifier, l’un des auteurs avait, en quelque sorte, fait des aveux sur sa participation à la perquisition, alors qu’il n’a pas été mandaté officiellement et ne dispose d’aucun titre officiel pour le faire.
Plainte
Une arme à feu avec plusieurs chargeurs, une forte somme d’argent qui s’élèverait à 263 millions d’ariary, 800 dollars, 5 500 yuans chinois et 10 000 bahts thaïlandais, 7 téléphones portables, des cartouches de cigarettes chinoises, 10 clés de voiture, un ordinateur portable et divers appareils électroménagers auraient été dérobés ou saisis (c’est selon) durant cette descente. Tout de suite après les faits, la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar, par le biais de sa Direction de la communication, avait sorti un communiqué officiel pour démentir toute implication de la première institution de la République dans cette affaire. Contrairement à ce qu’ils prétendent être, ces individus ne sont pas des émissaires de la Présidence et n’ont pas été mandatés par le colonel Michaël Randrianirina. Même réaction de la part du ministère de la Justice, qui avait également sorti un communiqué pour rappeler la procédure légale en matière de perquisition, tout en expliquant que pendant une perquisition, les OPJ et les OSPJ ne doivent pas porter de cagoule ni dissimuler leur visage. Une manière de confirmer l’illégalité de l’opération effectuée jeudi dernier à Ambohibao Antehiroka, près du siège du BIANCO. Faravohitra décline aussi toute information visant à associer la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, et son ministère à cette affaire, tout en réitérant que l’octroi d’un mandat de perquisition ne relève pas de l’autorité du ministère. Aux dernières nouvelles, les victimes auraient déjà déposé une plainte auprès des autorités. Histoire à suivre.
Davis R





