Trésor malgache, luxe Bollywood… Le 5 juillet, l’Inde retient sa respiration : Aamir Khan, célébrité de Bollywood, et Gauri Spratt, symbole de la réussite féminine moderne indienne, se sont dit « oui » pour le meilleur et pour le pire. Mais ce qui a le plus attiré l’attention, c’est la bague offerte par le mari à l’épouse. Il s’agit d’un bijou dont la pierre est l’une des plus rares au monde : un rubis naturel de Madagascar, d’une rareté qui atteint les 0,1 %. Pour les profanes, sur 1 000 sortis de terre, 999 sont normaux, tandis qu’un seul possède une qualité exceptionnelle et une pureté unique. C’est ce genre de caillou, trouvé dans les entrailles de la Grande Île, que porte désormais Gauri Spratt. Pour faire court, après taille et expertise, ce rubis naturel de Madagascar coûterait dans les 2,3 milliards d’ariary.
Une petite idée de son parcours. D’abord, des mineurs, un ou plusieurs, ont extrait la pierre. Ici, la valeur « bord de mine » est de 92 millions d’ariary, grand max. Voire bien plus bas si le ou les découvreurs n’ont aucune idée de la valeur réelle du caillou. Ensuite, si le chemin emprunté est légal, le bijou passe par un comptoir d’achat, histoire de lui donner une traçabilité et une « exportabilité ». Vient après le ministère des Mines et des Ressources stratégiques, qui délivre le certificat de conformité et procède au scellage. La douane vérifie les documents à l’aéroport et les taxes pleuvent : redevance minière, frais de certification, taxes sur les bénéfices… Arrivé en Inde, le caillou est transformé par des artisans de haut vol de la société Qween, une marque de joaillerie de luxe. Enfin, le jour de la cérémonie, il finit coincé entre les doigts de Gauri Spratt.
Chez les Indiens, c’est le Gem & Jewellery Export Promotion Council (GJEPC), étroitement lié au gouvernement du pays de Gandhi et de ses lunettes, qui a probablement joué le rôle de facilitateur. À Madagascar, entendre ce genre de nouvelles n’est plus étonnant : un rubis aussi rare, qui fait pavaner des stars ou des maisons de luxe. Derrière ce beau conte de fées en mode biryani se trouvent des contribuables malgaches qui ne réalisent pas qu’ils et elles sont assis sur les terres de leurs ancêtres, où se trouvent rubis, diamant, saphir, or, uranium, terres rares, etc. Le Malgache est le citoyen le plus endetté au monde.
Maminirina Rado





