Alors que le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), officiellement chargé de conduire les concertations nationales, peine toujours à lancer effectivement le processus sur le terrain, le ministère d’État en charge de la Refondation accélère la cadence.
Le ministère de la Refondation prend les devants pendant que le FFKM tarde à lancer le processus. Depuis plusieurs jours, les responsables régionaux du ministère de Hanitra Razafimanantsoa multiplient les descentes dans les districts, communes et fokontany afin de sensibiliser la population et de préparer l’organisation des futures consultations. Cette mobilisation s’est intensifiée cette semaine dans plusieurs régions du pays. À Matsiatra Ambony, Anosy, Atsimo Atsinanana ou encore Betsiboka, les directions régionales du département ont engagé une vaste campagne d’information destinée à expliquer le déroulement des concertations et à préparer les acteurs locaux à leur mise en œuvre.
À Tanamarina Bekisopa, dans le district d’Ikalamavony, la directrice régionale de la Refondation, Stella Razanamahefa, a participé, hier mercredi, à une cérémonie officielle avant de réunir des représentants de différentes catégories de la population. « L’objectif était de détailler les modalités de participation aux concertations nationales et d’inciter les citoyens à s’y préparer dès maintenant », a soutenu une source auprès du ministère. Le même jour, à Fianarantsoa, la responsable régionale a rencontré les chefs de fokontany en présence de la direction régionale de la Population et de la Solidarité. « Les autorités locales ont été informées de leurs futures responsabilités dans l’organisation des concertations pilotées par le FFKM », soutient-on. Elles ont également été invitées à collaborer avec les services de la Refondation pour préparer les consultations au niveau local.
En amont. Dans le sud du pays, la campagne de sensibilisation se poursuit également. Le directeur régional de la Refondation pour Anosy, Livera Bevazaha, a effectué une tournée dans plusieurs communes du district d’Amboasary Sud. Devant les élus locaux et les autorités administratives, il a rappelé que les concertations suivront une progression ascendante, des fokontany vers les communes, les districts, les régions, avant une synthèse au niveau national. Mais toujours aucun calendrier de mise en œuvre à annoncer, faute de publication par le FFKM. Toutefois, il a insisté sur le caractère inclusif de la démarche, ouverte à l’ensemble des citoyens sans distinction. Même dynamique dans la région Atsimo Atsinanana. À Amporoforo, dans le district de Farafangana, les responsables régionaux ont expliqué aux habitants les enjeux des futures concertations et l’importance d’une préparation en amont afin d’assurer une large participation populaire. Quelques jours auparavant, une opération similaire avait déjà été menée dans plusieurs communes de la région Betsiboka.
Cette montée en puissance de l’administration contraste avec le rythme du FFKM, pourtant désigné comme chef d’orchestre du processus. Depuis plusieurs mois, le lancement des concertations accumule les reports. Initialement annoncées pour le mois de mai, puis reprogrammées à plusieurs reprises, les consultations n’ont toujours pas débuté dans les fokontany, malgré le calendrier de la transition qui en fait une étape déterminante avant la révision des textes électoraux, le référendum constitutionnel et les prochaines élections. Face à ces retards, le ministère de la Refondation semble vouloir éviter une nouvelle polémique. Sans se substituer officiellement au FFKM, il investit désormais le terrain en assurant la préparation logistique, la sensibilisation des populations et la mobilisation des autorités administratives locales. Une manière de baliser le chemin avant l’ouverture effective des concertations, toujours en attente au niveau du FFKM. Cette stratégie révèle également une volonté du pouvoir de maintenir la dynamique de la Refondation malgré les lenteurs du processus.
Rija R.





